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Subaru : les berlines et voitures traditionnelles sont toujours pertinentes

Un porte-parole haut placé parle de l’avenir du constructeur

Un porte-parole haut placé parle de l’avenir du constructeur

Lorsque Ford a annoncé une réduction importante de sa gamme de voitures traditionnelles au profit de ses VUS et camions, nous nous sommes tous demandé si d’autres constructeurs suivraient. Jusqu’à présent, ce n’est pas le cas. Subaru, dont la gamme de véhicules repose en partie sur les voitures traditionnelles, ne semble pas du tout se diriger dans cette direction si on en croit Dominick Infante, directeur national des communications sur les produits chez Subaru.

Les ventes du Crosstrek ont augmenté de 66,6 % dans les quatre premiers mois de cette année, un bon indice quant à l’orientation actuelle du marché automobile. M. Infante affirme toutefois que les berlines et les voitures traditionnelles ne devraient pas être laissées de côté, surtout avec le prix à la pompe qui ne cesse d’augmenter :« Puisque le prix de l’essence commence à grimper, l’achat d’une berline serait un investissement judicieux », affirme-t-il.

Le directeur national a poursuivi en donnant quelques exemples : « C’est pourquoi nous continuerons de produire les Impreza berline et à hayon, a-t-il mentionné. Leur consommation d’essence est inférieure à celle d’un VUM comparable comme le Crosstrek, que nous vendons aussi, alors si le marché change, les ventes de berlines en seront gagnantes. »

Au cours des quatre premiers mois de 2018, les ventes de l’Impreza et de la Legacy ont chuté de 16,3 % et 13,9 %, respectivement. Parallèlement, celles de la WRX (et de sa version STI) et de la BRZ ont diminué de 8,2 % et 10,1 %. Le Outback, pour sa part, a réussi à enregistrer une augmentation des ventes de 2 % dans une industrie en ralentissement. Finalement, les ventes du Forester ont baissé de 9,7 %, mais la mise en marché d’un modèle de prochaine génération est prévue plus tard cette année.

Pour tirer davantage parti de la demande croissante pour les multisegments, Subaru se prépare à commercialiser l’Ascent à trois rangées de sièges. Contrairement à l’ancien Tribeca, aussi équipé de trois rangées, le nouveau VUS est de taille à faire concurrence aux Ford Explorer, Toyota Highlander et Honda Pilot.

Le constructeur japonais affirme que ses produits, notamment les BRZ, WRX et WRX STI, sont populaires auprès des acheteurs dans la fin vingtaine et début trentaine. Pour le reste, il y a de quoi plaire aux parents dont les enfants ont quitté le nid familial. En raison de l’absence d’un modèle à trois rangées pendant un certain temps, plusieurs clients se sont tournés vers d’autres marques pour relever les défis qu’amène la vie de jeunes parents.

« Les clients sont fidèles à la marque, sauf dans cette situation particulière où leurs enfants approchent 7 ou 8 ans. C’est à ce moment qu’ils se disent que leur Outback ou leur Forester est trop petit pour transporter d’autres enfants ou des petites familles. C’est là qu’ils quittent Subaru et vont chez un rival. Ils achèteront peut-être un Honda Pilot ou un Highlander, puis ils reviendront s’acheter un Outback une fois que leurs enfants auront terminé le secondaire. C’est un phénomène intéressant, car ces clients conservent souvent une Subaru comme voiture secondaire, mais nous les perdions toujours dans cette catégorie. »

Dominick Infante poursuit : « C’était une énorme porte ouverte par laquelle les clients pouvaient sortir, mais maintenant, nous avons un produit qui comble ce besoin et qui permet de rester avec nous quoiqu’il arrive. »

Subaru demeure tout de même une marque de niche dans l’industrie automobile, et M. Infante affirme que l’objectif n’est pas de devenir aussi imposant que Honda ou Toyota. Aux États-Unis, sa part de marché se situe juste sous les 4 %, ce qui représente tout de même une nette augmentation par rapport à 2004, où le constructeur comptait pour à peine 1 % du marché. Subaru doit maintenant choisir la meilleure façon de poursuivre sa croissance.

« Nous sommes heureux d’être un joueur de petite taille, mais nous devons voir si cette taille nous convient. Souhaitons-nous grandir un peu? Souhaitons-nous construire une nouvelle usine de production? C’est la prochaine décision importante que nous devrons prendre, dans un avenir rapproché. Nous n’y sommes pas encore, mais nous faisons du chemin. Nous aurons presque atteint notre capacité maximale dans quelques années. »