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Premières impressions : version européenne de l’Audi Q5 2018

Le VUM allemand franchit la frontière sud des États-Unis

Le VUM allemand franchit la frontière sud des États-Unis

Nous avons récemment conduit l’Audi Q5 2018 de deuxième génération à plus de 9500 km de l’Autobahn allemande la plus proche. Les routes étaient bordées d’imposants cactus et l’océan Pacifique scintillait tout près, grouillant de créatures qui deviendraient plus tard de succulents tacos au poisson pané à la bière façon Baja. C’est le paysage qui s’est offert à nous durant la majorité de notre essai à l’extrémité sud de la Basse-Californie, au Mexique, et il est inutile de vous dire que nous sortions du lot comme un poisson hors de l’eau. Pourquoi Audi a-t-elle choisi de présenter son tout nouveau multisegment aussi loin de son quartier général à Ingolstadt, en Allemagne?

Pour commencer, cette région de la Basse-Californie est sillonnée de quelques excellentes routes – des autoroutes majoritairement désertes et bien entretenues et de sinueux rubans d’asphalte qui font partie des meilleurs que nous ayons fréquentés avec ceux de Malibu Canyon près de notre siège social à Los Angeles.

Plus important encore, le Mexique est l’un des nouveaux lieux de production du Q5. Comme nous l’avions annoncé, Audi a dépensé plus d’un milliard de dollars américains sur une usine sophistiquée à San José Chiapa (à quelques heures au sud de Mexico) où elle emploie plus de 3000 travailleurs, dont le tiers a reçu une formation spécialisée au quartier général de l’entreprise en Allemagne. Faire en sorte que les Q5 construits au Mexique soient d’aussi bonne qualité que ceux d’Ingolstadt était d’une importance capitale pour Audi. Selon nos premières impressions, il semblerait que le constructeur ait réussi. Les portières se ferment avec un bruit rassurant et les panneaux de carrosserie s’alignent très bien, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Nous avons conduit cinq véhicules, et aucun n’a fait entendre de grincements ni de bruits de ferraille durant le trajet de 320 km, même dans la portion hors route.

2018 Audi Q5 20 TFSI Euro Spec front three quarter 09

Nous avons passé la majorité de notre temps de conduite dans des véhicules propulsés par le moteur turbocompressé à quatre cylindres de 2,0 litres destiné au marché nord-américain. D’une puissance de 252 chevaux et d’un couple de 273 lb-pi, le moteur de base produit désormais 32 chevaux et 15 lb-pi de plus que son prédécesseur. Nos VUM d’essai étaient équipés du nouveau système de traction intégrale Quattro Ultra d’Audi (la traction est offerte) et d’une boîte de vitesses à double embrayage à sept rapports qui passait rapidement les vitesses, qu’elle soit en mode confort ou dynamique. Dans l’ensemble, le nouveau Q5 à moteur turbocompressé à quatre cylindres semble plus énergique qu’auparavant et peu engourdi au démarrage. Le moteur pousse fort au sommet de sa courbe de puissance, ce qui procure une accélération satisfaisante à haute vitesse, même si deux journalistes américains et deux ingénieurs allemands occupent les sièges du VUM.

En plus d’avoir gagné en puissance, le nouveau Q5 a perdu du poids de façon importante. Grâce à son châssis MLB-Evo révisé et allégé (qui a fait ses débuts sur le grand frère du Q5, le Q7), le Q5 pèserait jusqu’à 90 kg de moins que le modèle de première génération. Audi attribue une partie de la perte de poids au Quattro Ultra mentionné plus haut qui n’est plus un système de traction intégrale en prise constante. Il s’agit plutôt d’un système favorisant l’essieu avant et qui couple et découple l’arbre de transmission à l’aide d’un embrayage multidisque (situé derrière la transmission) et d’un dispositif découpleur dans le différentiel arrière afin d’améliorer l’économie de carburant (les chiffres de l’EPA n’ont pas encore été publiés). Cela dit, le changement de la traction Quattro à la traction intégrale Quattro est imperceptible.

La plupart des acheteurs devraient être comblés par la direction à assistance électrique bien équilibrée et réactive du Q5, bien que les passionnés désireront une rétroaction accrue. La sensibilité au braquage est ajustable grâce au système Audi drive select. Comme la stabilité en ligne droite est un peu trop sautillante en mode dynamique, nous recommandons le mode confort sur l’autoroute.

Audi n’a pu nous fournir que des véhicules munis du système de suspension pneumatique ajustable, lequel ne sera pas livrable sur le Q5 à moteur à essence turbocompressé à injection directe de 2,0 litres destiné au marché nord-américain. Néanmoins, le Q5 était plutôt stable et agile dans les canyons puisqu’il restait relativement à plat dans les virages. L’amortissement était bien lui aussi; la suspension atténuait les portions cahoteuses des routes en pavé et de terre des petites villes de Basse-Californie malgré les grosses roues de 20 pouces comprises dans l’Ensemble S line de nos modèles d’essai. Nous conduirons des modèles nord-américains munis de ressorts de suspension en acier de série d’ici la fin de l’année. Restez donc à l’affût pour nos impressions de conduite sur cette configuration de suspension.

Nous avons aussi eu l’occasion de conduire un Q5 équipé d’un moteur V6 de 3,0 litres TDI qui ne sera pas destiné à notre marché en raison des problèmes actuels du constructeur avec les émissions diesel. Audi affirme lutter pour commercialiser ce moteur sur le continent américain. Si elle réussit, les acheteurs d’ici pourront opter pour un Q5 diesel d’une puissance de 282 chevaux et d’un énorme couple de 457 lb-pi. Nous ne ferons pas trop la promotion de ce moteur, mais la quantité apparemment infinie de puissance de traction qu’il dégage à vitesse élevée est impressionnante. Nouvelle positive : les Nord-Américains ont droit au SQ5 qui devrait être lancé peu après le Q5 de base selon Audi. Le SQ5 sera doté d’un moteur V6 turbocompressé de 3,0 litres et sera livrable avec une suspension pneumatique qui devrait être réglée différemment de celle offerte sur le Q5 ordinaire.

Restez aussi à l’affût des dimensions finales. Les mesures extérieures ont légèrement augmenté et l’empattement s’est lui aussi allongé en passant de 280,7 à 283,5 cm. Selon Audi, ces augmentations devraient se traduire par un habitacle et un espace de chargement légèrement agrandis, mais les chiffres officiels de l’EPA sont encore attendus. Nous pouvons toutefois dire que le dégagement pour les jambes est acceptable à l’avant et à l’arrière et que la deuxième rangée glisse vers l’arrière pour optimiser le confort des passagers et vers l’avant pour augmenter la capacité de chargement à partir du hayon. Les sièges arrière à configuration de séparation unique de 40/20/40 constituent un autre tour de passe-passe pour le chargement.

Dans l’ensemble, l’habitacle s’est grandement amélioré, au point de rivaliser avec celui du GLC de Mercedes-Benz. Nous sommes tentés de donner l’avantage au Q5, surtout lorsqu’il est équipé du cockpit virtuel d’Audi en option, un tableau de bord numérique configurable issu de la TT et de la R8. Comme nous l’avons découvert avec des modèles comme le Q7 et l’A4, nous sommes fous du système d’infodivertissement MMI amélioré dont la navigation est désormais simplifiée. Une longue liste de technologies de sécurité et d’aide au conducteur livrables accompagne le Q5 2018. Elle comprend notamment l’assistance-virage qui aide à éviter les collisions latérales lors de virages brusques à gauche en pleine circulation.

Le style extérieur du nouveau Q5 est soigné et magnifique sans s’éloigner radicalement de l’ancien modèle. C’est probablement une décision judicieuse. Le vieux Q5 était en vogue et il l’est encore, même à la fin de ses huit longues années de production. Sa popularité est une autre raison justifiant l’existence de l’usine mexicaine. Audi explique qu’Ingolstadt produisait 140 000 unités par année, ce qui était à peine suffisant pour répondre à la demande. L’usine de San José Chiapa construira d’abord 150 000 unités annuellement. La quantité pourrait augmenter à 170 000 véhicules destinés à l’Amérique du Nord, à l’Europe et à d’autres marchés. Bien que le Q5 se vende bien aux États-Unis, il fait encore mieux en Chine. C’est pourquoi l’empire du Milieu aura droit à sa propre chaîne de production de Q5 qui devrait être mise en branle prochainement avec une capacité annuelle variant de 150 000 à 160 000 unités. Les usines mexicaine et chinoise devraient produire de 30 à 40 % plus de véhicules que la chaîne de production de Q5 qui sera bientôt fermée à Ingolstadt. Si nous nous fions à notre première expérience avec le nouveau Q5, nous ne serions pas surpris que les deux usines fonctionnent à plein régime pour un bon bout de temps.