Essais Premières impressions

Premières impressions : Toyota 86 TRD 2019 édition spéciale

Choisir judicieusement sa 86

Choisir judicieusement sa 86

Si vous connaissez déjà la Toyota 86 et TRD, votre premier instinct sera sûrement de savoir si la Toyota 86 TRD 2019 édition spéciale aura plus de puissance que la version standard. Ne passons donc pas par quatre chemins : la réponse est non. Mais ne vous arrêtez pas ici pour autant.

Depuis des années, de nombreuses voix se font entendre pour que la 86 reçoive quelques chevaux supplémentaires. La mienne ne s’élève pas avec elles. Je crois, comme Toyota, que la puissance actuelle est tout à fait appropriée pour le but et la personnalité de la voiture. Elle est déjà bien assez amusante comme elle est. Au point où, dans notre essai comparatif de 2017, « The Leftovers » (en anglais seulement), je lui ai décerné la première place et je l’ai défendue bec et ongles lorsque mes collègues ont choisi de la faire débouler jusqu’en troisième place.

J’aime son châssis énergique. J’aime son mouvement de roulis bien dosé qui donne l’impression qu’un virage à 50 km/h en est plutôt un à 100 km/h. J’aime que le survirage causé par la puissance nous obéisse au doigt et à l’œil, et que le châssis nous récompense par ses dérapages doux, prévisibles et facilement contrôlés. Pour 32 000 $, vraiment, on s’éclate.

Ce plaisir s’explique en partie par les pneus. Les pneus toutes saisons Bridgestone Turanza EL400-02 sont de série, et les pneus d’été grand tourisme Michelin Primacy HP sont en option. Ils ne sont pas faits pour la performance, mais plutôt pour durer, avoir une basse résistance au roulement et une meilleure économie de carburant. Durs et minces, ils sont rapidement surmenés par les 205 chevaux de puissance et les 156 lb-pi de couple de la 86 (ou les 200 chevaux et les 151 lb-pi si vous choisissez la boîte de vitesses automatique à six rapports).

Et c’est ici que l’édition spéciale TRD entre en jeu. Elle est équipée de réels pneus hautes performances, les Michelin Pilot Sport 4 montés sur des jantes de 18 pouces. Dissimulés à l’arrière se trouvent des amortisseurs Sachs et des freins Brembo. Si cela vous rappelle quelque chose, c’est probablement parce que vous avez déjà vu le tout dans l’ensemble hautes performances de la Subaru BRZ Limited. Il ne s’agit pas d’une copie parfaite toutefois. La 86 TRD a un nouveau pare-chocs arrière, des embouts d’échappement en acier inoxydable brossé et un duo de diviseur avant et becquet arrière en trois pièces qui ne devrait pas créer de déportance ni affecter le coefficient de traînée. Étant donné qu’il s’agit d’une édition spéciale, il n’y aura que 1418 unités en noir Raven équipées d’une boîte de vitesses manuelle et ornées des autocollants et des insignes rétro de la TRD des années 80. Autres plats sur le menu : des éléments intérieurs contrastants rouges, des surpiqûres contrastantes rouges et le logo TRD jaune/orange/rouge brodé au tableau de bord.

Vous pourrez reconnaître les pneus de l’édition limitée de la BRZ tS. Cette dernière, que nous avions fustigée pour avoir plus d’adhérence, mais pas plus de puissance, était moins exubérante et donc, moins amusante. Nous avions reproduit l’expérience avec notre Scion FR-S d’essai à long terme (aussi connue comme la Toyota 86) et des pneus hautes performances Dunlop Direzza ZII. Les résultats étaient les mêmes : plus d’adhérence, plus de rapidité, moins de plaisir.

Si vous vous demandez si Toyota a réussi à briser la malédiction, la réponse, encore une fois, est non. Comme pour la Scion et la BRZ tS, la 86 TRD édition spéciale a plus d’adhérence, est plus rapide sur la piste, semble avoir besoin de plus de puissance et ne dérape pas. Tout de même, Toyota n’a pas tout gâché. En fait, la voiture ratissera plus large. Croyez-le ou non, certaines personnes ne veulent pas d’une voiture instable qui survire d’un rien. Nombreux sont ceux qui veulent aller rapidement sur la piste avec leur 86, et les dérapages n’aident pas à obtenir le meilleur temps.

Avec des pneus plus adhérents, la 86 TRD s’agrippe et roule droit devant, tout simplement. Lors des virages à basse vitesse, vous pouvez avoir le pied lourd aussitôt passé le point de corde et tous les chevaux et livres-pieds disponibles seront à votre service. Lors des virages à haute vitesse, vous êtes celui qui choisit si vous levez le pied ou non. Si vous avez à utiliser les freins, vous n’avez qu’à les effleurer. Cette adhérence vous permet d’avoir le pied lourd sans avoir peur de sortir de votre voie. Même si le sous-virage est toujours facile à atteindre si on conduit maladroitement, il faudrait une poussée importante pour faire dévier la 86 TRD de son axe. Non, elle n’est pas aussi amusante que la voiture de base, mais elle est plus rapide et vous force à conduire comme un professionnel, non comme un fanfaron. Maîtriser les points de freinage, les virages et leurs lignes demande de la pratique et cette voiture, sans aucun doute, vous permettra d’y arriver. Ensuite, par contre, on ne peut faire autrement que de souhaiter qu’elle ait plus de puissance dans les lignes droites.

Même si je suis heureux que Toyota ait choisi d’ajouter cette corde à son arc, elle n’est pas pour moi. La 86 décontractée a ravi mon cœur parce que conduire rapidement une voiture lente est plus amusant lorsqu’elle est délurée. Elle nous semble rouler à une vitesse folle dans les virages, là où la 86 TRD aurait eu besoin de 50 chevaux supplémentaires. J’aime pouvoir contrôler la 86 en milieu de courbe seulement avec l’accélérateur, et je préfère contrôler un doux dérapage plutôt qu’éviter la baisse de couple lors de l’accélération pour sortir d’un virage.

Verdict? La 86 TRD édition spéciale n’est pas une mauvaise voiture, et la chausser de pneus adhérents n’est pas une mauvaise idée. Elle est différente et plaira à une clientèle distincte de celle de la 86 classique. Partisan de cette dernière, je crois plutôt garder les 5000 $ que je vais économiser pour investir dans de nouveaux pneus arrière pour ma 86 GT. Chapeau, toutefois, pour les écussons rétro.