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Premier essai du Honda Ridgeline Black Edition à TI 2019

Nouvelle année, nouvelle concurrence

Nouvelle année, nouvelle concurrence

Le Honda Ridgeline 2019 continue son bout de chemin dans le segment des camions de taille moyenne, qui accueille cette année deux nouveaux modèles : le Ford Ranger et le Jeep Gladiator. Le Ridgeline fait-il le poids à côté de ses rivaux? Avant de commencer la comparaison, nous avons pensé qu’il serait une bonne idée de renouer avec le camion de Honda.

Le Ridgeline de deuxième génération n’a pas beaucoup changé depuis sa refonte pour l’année-modèle 2017. On offre de nouvelles couleurs, on a ajouté des ports USB, on a simplifié la gamme (elle passe de 12 à 9 versions offertes; seulement 4 au Canada) on propose maintenant un toit ouvrant et une fenêtre arrière coulissante et électrique. Nous avons mis la main sur un Ridgeline Black Edition à traction intégrale bien équipé, d’une valeur relativement élevée de 44 465 $ US. Au Canada, la Black Edition peut se rapprocher dangereusement de la barre des 60 000 $. Cela dit, la Black Edition est essentiellement une version Touring (50 200 $) avec un ensemble décor, et une version EX-L plutôt bien équipée de série est offerte pour 45 700 $. Un Ridgeline Sport de base coûte 42 700 $.

L’omniprésent V6 de 3,5 litres de Honda développe 280 chevaux et 262 lb-pi de couple à partir d’une boîte de vitesses automatique à six rapports. Comme on pouvait s’y attendre, ses performances en ligne droite sont presque identiques à celles du Ridgeline RTL-E 2017 du marché américain à traction intégrale, le dernier Ridgeline que nous avons testé. Il atteint 100 km/h en 7,2 secondes et le quart de mille en 15,6 secondes (comparativement à 7,3 et 15,7 secondes pour l’autre modèle).

« Il est un peu lent à partir d’un arrêt », a fait remarquer Chris Walton, notre chef des essais routiers, au sujet de notre Ridgeline 2019 d’essai, notant toutefois que « les passages aux rapports supérieurs lorsque le régime maximal est atteint sont raisonnablement doux et rapides ».

Il est plus rapide que le Toyota Tacoma 2018 le plus vendu que nous avons récemment testé (7,6 secondes à 100 km/h), mais il accuse un retard par rapport aux Chevrolet Colorado 2019 et Ford Ranger 2019, qui affichaient une accélération de 6,4 et 6,8 secondes, respectivement. Les deux modèles américains possèdent des moteurs et boîtes de vitesses plus robustes avec davantage de pignons (et des premiers rapports plus courts), et ils ne sont pas beaucoup plus lourds que le Honda. Notre Ridgeline d’essai pesait 2030 kg, soit 34 kg de moins que le Ford et à peine 5 kg de moins que le Chevrolet.

Avec une consommation de carburant de 13,1/9,4 L/100 km (en ville/sur route) selon l’EPA, le Ridgeline à traction intégrale est à peine moins énergivore que le Colorado V6 à quatre roues motrices, qui, lui, consomme 13,8/9,8 L/100 km. Une goutte d’eau dans l’océan à une époque où l’essence est relativement bon marché. Un Tacoma comparable consomme 13,1/10,7 L/100 km; au moment d’écrire cet article, le Ranger n’avait pas été évalué.

Le Ridgeline à construction monocoque fait bande à part dans un marché dominé par les carrosseries montrées sur châssis. Si votre priorité est la qualité de la conduite, le Honda est imbattable. La conduite est nettement plus douce en ville et sur l’autoroute et le véhicule est beaucoup plus contrôlé dans les virages. « Il est très différent des autres », a fait remarquer notre directeur des essais Kim Reynolds après avoir bouclé l’épreuve du huit en 27,7 secondes. « La qualité de la direction est supérieure, y compris dans les virages. » Cela dit, les désavantages de la conduite du Colorado et du Ranger lors de l’épreuve du huit ont été essentiellement annulés par leurs groupes motopropulseurs plus puissants, le Chevrolet battant le Honda de 0,1 seconde et le Ford obtenant le même résultat.

Une partie de l’attrait du Ridgeline est sa capacité à combiner des manières routières semblables à celles d’une voiture et sa capacité à effectuer des tâches que des camions sont censés faire. La charge utile maximale de notre véhicule d’essai était de 680 kg, semblable à celles du Colorado et du Ranger que nous avons testés, et près de 150 kg de plus que le Tacoma que nous avions à notre disposition (bien que nous devions noter que les chiffres de charge utile varient davantage selon la configuration lorsqu’il est question de camions à carrosserie montée sur châssis).

Pendant ce temps, le Ridgeline peut remorquer un poids maximal de 2268 kg, soit entre 635 kg et 1134 kg de moins que les trois camions susmentionnés. Bien que nous n’ayons pas effectué d’évaluation normalisée du remorquage cette fois-ci, nous avons fait l’éloge de la capacité du Ridgeline à tirer une remorque de 1361 kg lors d’un essai précédent.

Le plateau du Ridgeline est un bon exemple du savoir-faire des ingénieurs de Honda. Le coffre verrouillable intégré au plateau (avec 206,7 L d’espace de chargement) est une exclusivité dans le segment, et le hayon très pratique pivote vers le bas et sur des charnières latérales, ce qui vous permet de vous rapprocher de votre chargement et d’y accéder plus facilement. Le système de haut-parleurs du plateau est également assez astucieux. Bien qu’il ne soit pas aussi profond que celui ses concurrents, le spacieux plateau offre 127 cm d’espace entre les roues, soit environ 12,7 cm de plus que les camions de Ford et Chevrolet et 20,3 cm que le Toyota.

Un autre fait saillant est l’espace offert pour les passagers arrière. Non seulement le plancher est complètement plat, mais l’assise des sièges et les cadres de support se replient pour maximiser l’espace de chargement. Cet espace est tout simplement caverneux par rapport à celui des autres modèles sur le marché. Malheureusement, il semble que le Ridgeline sera le dernier à recevoir la mise à niveau du système d’infodivertissement de Honda, alors vous ne trouverez pas l’interface plus nette et plus intuitive (ni le bouton pour le volume) que l’on trouve dans d’autres modèles.

L’ajustement et la finition de l’intérieur sont tous deux excellents, les espaces de rangement sont bien répartis dans l’ensemble de l’habitacle et les accoudoirs avant au centre (directement empruntés du Pilot) sont un joli détail. Dans l’ensemble, le Ridgeline nous charme encore avec une ingénierie bien pensée, une conduite en douceur et une capacité décente. Mais avec la nouvelle concurrence qui débarque sur le marché, le Ridgeline pourrait bénéficier de quelques améliorations qui, espérons-le, lui permettront de se renouveler bientôt avec une refonte de milieu de cycle.