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Ford réduit sa gamme de voitures pour l’Amérique du Nord

Les survivantes : la Mustang et une nouvelle Focus Active

Les survivantes : la Mustang et une nouvelle Focus Active

Les réductions de coûts chez Ford mènent à des réductions dans les véhicules.

« L’entreprise n’investira pas dans les prochaines générations de berlines traditionnelles Ford pour l’Amérique du Nord », a annoncé le président et directeur général de Ford, Jim Hackett, lors du dévoilement des résultats du premier trimestre où nous avons pu constater l’étendue des réductions, notamment dans la gamme de voitures. Il n’y aura donc pas de prochaine génération pour les Fiesta, Fusion et Taurus en Amérique du Nord.

La gamme de voitures pour le continent sera réduite à deux modèles : la Mustang et une nouvelle Focus Active à hayon légèrement surélevée (qui arrivera aux États-Unis l’année prochaine après une mise en vente initiale en Europe, mais qui ne sera pas vendue au Canada). Le destin des voitures Lincoln n’a pas encore été révélé.

Ford Focus Active destinée au marché européen

L’une des seules survivantes sera donc la Mustang qui aura bientôt une version hybride, tout comme la Shelby GT500. L’autre survivante – encore une fois, aux États-Unis seulement – sera la Focus Active de nouvelle génération, qui sera importée de Chine.

La production de la Fiesta pour le marché nord-américain se terminera en mai 2019, mais la sous-compacte sera toujours en vente dans d’autres marchés.

Les travailleurs de Chicago arrêteront la construction de la Taurus grand gabarit en mars 2019, comme celle de la berline Police Interceptor. Ford proposera toujours l’utilitaire Police Interceptor, basé sur l’Explorer, qui représente 80 % des ventes aux parcs policiers. La Chine continuera de vendre la Taurus, mais ce sera une nouvelle version qui n’a jamais été en vente en Amérique du Nord. Par ailleurs, la Lincoln Continental grand gabarit « demeure une partie importante de la gamme Lincoln et atteint des records de vente en Chine », a affirmé un porte-parole de Ford, ajoutant ensuite que l’entreprise ne fera pas de spéculations à propos des plans d’avenir.

La Fusion, qui a été mise à jour pour l’année-modèle 2019, sera produite à Hermosillo, au Mexique, pour quelques années encore avant que l’usine soit réoutillée pour la production d’un autre produit dont on ignore encore les détails. Les autres marchés continueront d’offrir la Fusion intermédiaire, ou la Mondeo, telle qu’elle est connue en Europe. Reuters avait déjà annoncé que la prochaine génération de berline intermédiaire Lincoln MKZ sera produite en Chine afin de répondre à la demande de ce marché. Ce sera l’un des cinq produits Lincoln, la majorité étant des utilitaires, construits localement pour les consommateurs chinois. Actuellement, tous les véhicules Lincoln sont construits aux États-Unis et exportés en Chine.

Jim Farley, président de Ford sur les marchés mondiaux, a affirmé que Ford continuera d’offrir une variété de voitures de tourisme, mais qu’elles n’auront pas la silhouette de berlines traditionnelles. Ces véhicules à l’allure nouvelle seront plus utilitaires. Nous imaginons des voitures à hayon plus imposantes et des multisegments au design de voitures.

Ford fait aussi un pas vers l’avant en ce qui a trait à l’électrification. Il y aura des versions hybrides ou hybrides rechargeables d’à peu près tous les véhicules de la gamme, y compris le camion F-150, la Mustang, le Bronco, l’Explorer et l’Escape.

Le tout premier véhicule entièrement électrique, un VUS performance au style de Mustang, sera mis en vente en 2020 et Ford nous promet 16 véhicules électriques à batterie d’ici 2022. Ford s’attend à être le plus important producteur d’hybrides d’ici 2021.

Depuis qu’il a pris les rênes de l’entreprise il y a près d’un an, M. Hackett travaille sur un plan de restructuration et de réduction des coûts, mais n’a pas échappé aux courroux des investisseurs lorsqu’il a refusé de donner les détails des six initiatives d’efficacité qui sont au cœur de son plan. Plus d’information sera révélée aux investisseurs lors d’un événement prévu le 26 septembre.

Le PDG vise maintenant des réductions supplémentaires de 11,5 G$ US d’ici 2020, en plus des 14 G$ US déjà annoncés qui diminuent de 4 G$ US le budget d’ingénierie. Ce nouveau plan prévoit une réduction des dépenses en capital de 29 G$ US dans les trois prochaines années ce qui signifie qu’il y aura 5 G$ US en moins d’investissement dans le développement de nouveaux produits comme les voitures, moins populaires et rentables que les camions ou les VUS.

Ford n’investira pas dans la nouvelle Fusion pour l’Amérique du Nord.

Récemment, lors d’un dévoilement de gamme de produits, Ford a présenté ses plans axés majoritairement sur les utilitaires et les camions, nous donnant ainsi un indice de l’extinction de la gamme de voitures telle qu’on la connaît. D’ici 2020, Ford aura remplacé 75 % de sa gamme et ajouté quatre nouveaux modèles, tous des camions et des VUS. La proportion de voitures sera donc réduite à 14 % de la gamme.

Pour les prochains VUS, nous retrouverons la nouvelle génération de Ford Explorer qui partagera sa plateforme avec le Lincoln Aviator dont le concept de production a pu être aperçu au Salon de l’auto de New York et qui comprendra une version hybride rechargeable. L’Explorer sera aussi offert en version hybride et en version de performance ST.

La prochaine génération d’Escape se déclinera aussi en version hybride. De plus, sa plateforme à traction accueillera un VUS compact hors route de taille similaire. La gamme de VUS augmentera aussi avec le retour du Bronco dans l’écurie Ford en 2020.

Du côté des camions, le F-150 obtient un moteur diesel et une version hybride sera lancée en 2020. Cette même année, nous verrons probablement apparaître un nouveau Super Duty. Le retour du camion intermédiaire Ranger se fera l’an prochain et nous ne doutons pas qu’une version Raptor suivra de près.

Les plateformes seront remplacées par cinq architectures de véhicules : traction avant à construction monocoque, propulsion à construction monocoque, fourgon commercial à construction monocoque, carrosserie montée sur châssis et véhicules électriques à batterie. Les réductions de coûts sont également rendues possibles par l’augmentation de la vitesse de développement des produits.

General Motors est considéré comme le constructeur automobile de Detroit le plus stable et ayant le plus de succès. À sa tête, nous retrouvons Mary Barra, une PDG qui n’a pas froid aux yeux quand il est question de la réussite de son entreprise.

Fiat Chrysler est moins prévisible, mais a une transparence très appréciée à Wall Street. Son PDG, Sergio Marchionne, est moins présent étant donné sa retraite prochaine. FCA nous dévoilera toutefois un plan d’affaires et de produits quinquennal le 1er juin, ce qui permettra de voir la direction que prendra l’entreprise en son absence. Ce sera le troisième plan de la sorte élaboré durant la carrière de M. Marchionne.

Les résultats du premier trimestre de Ford dépassent les attentes de Wall Street, mais les profits et la part de marché sont en diminution en Amérique du Nord et les difficultés à l’international se poursuivent avec des pertes sur le marché de l’Asie-Pacifique, de l’Amérique du Sud et du Moyen-Orient et de l’Afrique.