Essais

Essai du Toyota Tundra Édition 1794 4×4 2017

Chapeau de cowboy non compris

Chapeau de cowboy non compris

Se fondre dans la masse plutôt que de jouer au touriste peut donner une perspective bien différente d’une ville. C’est pourquoi j’ai récemment demandé un Toyota Tundra lors d’une fin de semaine de voyage passée à Austin, au Texas. Une décision étrange, vous me direz, mais pas pour les Texans.

Depuis 2008, Toyota construit toutes ses camionnettes Tundra pleine grandeur à San Antonio, dans ce même État du sud des États-Unis. Les concessionnaires Toyota en tirent une immense fierté dans la région, où chaque Tundra et Tacoma vendu porte sur sa lunette arrière un autocollant sur lequel figurent le drapeau de l’État et l’inscription « Built Here, Lives Here » (fabriqué ici, demeure ici). Certains diront qu’Austin est distincte du reste de l’État, mais cette ville demeure au cœur du royaume des camions et notre Toyota Tundra Édition 1794 2017 était dans son élément sur ce territoire dominé par les camionnettes.

Le nom de l’Édition 1794, probablement la plus texane des versions du Tundra, est un clin d’œil à l’année de fondation du ranch JLC, site actuel de l’usine de Toyota au Texas. Comme toute autre version Édition 1794, notre véhicule d’essai était un modèle CrewMax au plateau de 1,7 mètre livré avec un moteur V8 de 5,7 litres de Toyota qui produisait 381 chevaux et 401 lb-pi de couple. Notre camion était aussi équipé d’une traction à quatre roues motrices temporaire ainsi que d’un éventail de pièces hautes performances de Toyota Racing Development (comprises dans le groupe TRD Hors route) et d’autres accessoires qui portaient son prix à 54 796 $ US. L’intérieur enveloppé de cuir lisse et doux de l’Édition 1794 aide à justifier son prix de détail suggéré par le fabricant. Les sièges, la console intermédiaire, le levier de commande, le tableau de bord et les panneaux de porte sont couverts d’un cuir de vache somptueux qui confère un aspect western par sa couleur brun équestre et ses piqûres blanches contrastantes.

Si le garnissage en cuir paraît bien, il manque cependant d’harmonie avec le reste de l’intérieur constitué de plastiques rigides argentés et de garnitures en bois à l’allure plastique. Les panneaux de porte et le tableau de bord utilisent les mêmes matériaux durables que les autres versions du Tundra, une bonne chose pour ceux qui songent sérieusement à se servir de leur Édition 1794 comme d’un camion. L’apparence utilitaire fait toutefois contraste aux éléments plus haut de gamme de l’habitacle.

Après avoir remarqué le cuir, vous constaterez en grimpant dans le Tundra qu’il s’agit d’un produit âgé. En 2017, impossible d’y trouver un système sans clé mains libres ou un démarreur par bouton-poussoir. Cependant, notre camion possédait un démarreur à distance, fonction indispensable sous une chaleur texane, grâce auquel je pouvais démarrer le véhicule et rafraîchir l’habitacle avant de monter à bord. La mise à jour importante du camion entier ne remonte qu’à 2014, mais l’intérieur paraît déjà dépassé. Le volant épais comprend des commandes qui semblent avoir une génération de retard et le système d’infodivertissement à écran tactile, bien qu’entièrement fonctionnel, est dépourvu de la résolution nette et de la réactivité auxquelles s’attendent les clients de véhicules neufs.

Si vous parvenez à faire fi de tout ça, le Tundra demeure un camion solide. La conduite sur route était douce et l’intérieur généralement silencieux, exception faite du bruit des pneus tous terrains 275/65R18 du groupe TRD Hors route. Le Tundra se comportait comme un plus petit véhicule sur les routes sinueuses et n’était pas si difficile à manœuvrer en ville pour une camionnette pleine grandeur. J’étais vraiment ravi de pouvoir compter sur une caméra de recul de série et des capteurs de stationnement quand j’avais à me garer. La sensibilité au braquage était plutôt légère et le rapport a exigé un certain temps d’adaptation, mais globalement le Tundra se conduisait avec facilité.

Le moteur V8 offrait amplement de puissance et la boîte automatique à six rapports rétrogradait rapidement quand venait le moment d’effectuer un dépassement sur l’autoroute. La transmission n’avait également aucune difficulté à gravir les pentes abruptes. Ce qui s’est le plus rapproché d’une conduite hors route dans le Tundra a été quelques minutes passées à circuler sur une route en gravier. C’était insuffisant pour véritablement mettre à l’épreuve les capacités du Tundra, mais si jamais la route était devenue plus accidentée ou parsemée d’ornières, le camion aurait été prêt grâce au moteur, aux amortisseurs Bilstein réglés pour la conduite hors route et aux plaques de protection du réservoir de carburant du groupe TRD Hors route, et aux pneus tous terrains mentionnés précédemment. Le Tundra CrewMax Édition 1794 4×4 possède également une garde au sol de 26,4 cm. Je n’ai pas eu la chance de remorquer ou de transporter de charges au cours de mon voyage, mais l’Édition 1794 4×4 possède une capacité de remorquage de 3992 kg et une charge utile maximale de 694 kg.

Au quotidien, le Tundra ne contraint aucunement les grands conducteurs, mais pour ceux qui, comme moi, ont les jambes courtes, l’accès peut poser problème. Le côté conducteur ne comprend pas de poignée de maintien sur le montant avant ni au-dessus du cadre de la fenêtre. Il faut donc vous relever en vous appuyant sur le volant ou l’accoudoir surdimensionné de la porte. Cocher la case des marchepieds à 750 $ dans la liste des accessoires réglera le problème et cette solution est recommandée aux parents qui souhaitent fournir à leurs petits enfants un accès facile à l’arrière de la cabine multiplace. Compte tenu des sièges arrière à assise relevable en général, ceux du Tundra Édition 1794 sont assez confortables. Le cuir est doux et le rembourrage ne manque pas pour les longs trajets. Le dégagement aux jambes suffit aussi amplement. J’ai été en mesure de loger deux petites valises à roulettes de côté sur le plancher sans avoir à bouger les sièges avant.

Espérons que le développement de la prochaine génération du Tundra avance bien, car le modèle actuel montre des signes de vieillesse. L’Édition 1794 du Tundra demeure luxueuse et compétente, mais une nouvelle mise à jour de son intérieur, si ce n’est que ça, lui ferait le plus grand bien. Le prochain Tundra devra aussi travailler sur sa consommation de carburant. La cote que donne l’EPA au moteur V8 actuel de ses modèles 4×4 est de 18,1 L/100 km en ville et de 13,8 L/100 km sur la route, soit plus que presque tout autre camionnette 4×4 à moteur V8 de sa catégorie. À 48 375 $ US pour le modèle à propulsion aux États-Unis, le prix de base de l’Édition 1794 est tout de même inférieur à celui de ses compétiteurs à thématique western, dont le Ford F-150 King Ranch, le Ram 1500 Laramie Longhorn et le Chevrolet Silverado 1500 High Country. Donc si un océan de cuir brun vous plaît, vous paierez un peu moins en optant pour la version de Toyota.

En général, le Tundra continue d’offrir ce qu’il faut aux acheteurs de camion d’aujourd’hui, mais la concurrence rehausse la barre dans la catégorie des camionnettes pleine grandeur. Si sa prochaine génération parvenait à ajouter une consommation de carburant en tête de catégorie, des technologies modernes et des matériaux de meilleure qualité au confort, aux capacités et à la durabilité qu’offre le modèle actuel, alors les Texans auront véritablement de quoi être fier.