Essais

Essai de la Mercedes Benz E400 All-Terrain 4×4 Squared (avec vidéo)

Construisez-la, et ils souriront

Construisez-la, et ils souriront

Je me souviens encore que lorsque j’avais environ une douzaine d’années, je m’amusais à imaginer de quoi aurait l’air la familiale Pontiac brune de mes parents si elle était munie d’immenses pneus hors route. Je crois que, dans ces rêves éveillés, je lui avais aussi donné un gros bloc-cylindres de 454 po3 en plus de peindre des flammes sur la carrosserie. Un cartable d’écolier rempli de mes dessins de ce bolide est probablement en train de pourrir au fond d’un dépotoir quelque part dans le sud de la Californie.

Bien sûr, loin de moi l’idée d’accuser Mercedes-Benz d’avoir fouillé dans mes vieux souvenirs, mais quand j’ai vu pour la première fois l’E400 All-Terrain 4×42, j’ai tout de suite pensé « Wow, je rêve de ce camion depuis 30 ans ».

Alors, de quoi s’agit-il, au juste? Prenons tout d’abord la Classe E All-Terrain, une familiale signée Mercedes qui n’est pas (encore) offerte chez nous, en Amérique du Nord. Elle est à la familiale Classe E ce que l’Allroad est pour l’A4 d’Audi. La calandre est empruntée au VUS GLE, les passages de roues sont évasés, on y a installé une plaque de protection et la garde au sol a été augmentée grâce à des ressorts pneumatiques réglables.

Maintenant, supposons que vous deviez prendre ce véhicule conçu pour la route et y ajouter de véritables ponts-portiques, augmentant sa garde au sol à 43,2 cm. Vous obtiendrez ce modèle tout-terrain de luxe que Mercedes appelle l’E400 All-Terrain 4×42 (à prononcer en anglais, « squared »).

Le comment et le pourquoi sont simples : un ingénieur Mercedes nommé Jürgen Eberle a simplement eu la curieuse idée de monter une familiale sur des ponts-portiques. Ceux-ci permettent une garde au sol impressionnante grâce aux demi-arbres qui pénètrent dans le haut des roues plutôt qu’au centre. Vous connaissez déjà le Hummer H1, par exemple. Mercedes a une longue tradition d’utilisation de ponts-portiques, remontant au premier Unimog, en 1946. Récemment, Mercedes en a muni sur son emblématique Classe G, créant le G500 4×42. La principale différence avec la version E400 est que les essieux sont indépendants. Ils sont également conçus à la base pour être adaptés au châssis de la Classe E. M. Jurgen a demandé à un collègue ingénieur d’imprimer en 3D de plus grosses ailes.

Il existe qu’une seule E400 All-Terrain 4×42 dans le monde entier, et après m’être téléporté jusque dans une misérable carrière dans la région de Souabe, en Allemagne, j’ai pu la conduire. Avec cette garde au sol, la familiale 4×42 peut aller n’importe où, et ce, en offrant un luxe presque parfait. Imaginez conduire sur des oreillers. D’énormes piles d’oreillers. C’est ce qu’on ressent au volant. Herr Eberle « voulait plaire aux gens », alors il a abandonné le moteur diesel de l’All-Terrain au profit d’un V6 de 3,0 litres à turbocompresseur double. Si cette étrange bête entre en production, attendez-vous à voir le nouveau moteur M256 à six cylindres en ligne de Mercedes sous le capot. Après avoir franchi pratiquement tous les obstacles boueux, rocailleux et rocheux que j’ai trouvés et tous les troncs d’arbres et ruisseaux sur son chemin, je recommande fortement à Mercedes de faire ce qu’il faut pour convaincre ses comptables de donner le feu vert à la création de ce joli mutant.