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Véhicules électriques et autonomes : le futur arrive à pleine vitesse

En 2025, rouler électrique sera plus abordable que jamais

En 2025, rouler électrique sera plus abordable que jamais

C’est plus qu’une simple tendance. Une voix de plus s’est fait entendre au sujet des changements dans les moyens de transport privilégiés par les consommateurs, et sur ce que cela représente pour l’industrie automobile.

En effet, l’analyse des tendances faite par AlixPartners dans son plus récent sondage révèle des prévisions que certains constructeurs ignorent à leurs risques et périls. Ce qu’il faut retenir : certaines personnes délaissent déjà l’obtention de leur permis de conduire ou l’achat d’un véhicule neuf au profit des services de covoiturage et d’autopartage, qui répondent à leurs besoins immédiats. De plus, la montée des véhicules électriques et autonomes se fait à une vitesse fulgurante, contre toute attente. D’ici 2025, le coût et le volume de production des véhicules électriques pourraient rattraper ceux des moteurs à combustion, et les véhicules autonomes seront aussi de plus en plus abordables.

L’idée n’est pas choquante en soi, mais nous nous devons de souligner la franchise avec laquelle s’exprime encore une fois un groupe d’analystes respecté.

« Le futur est à nos portes, et il frappe fort », affirme John Hoffecker, vice-président aux affaires mondiales pour AlixPartners, lors du dévoilement de ses résultats dans le cadre d’un événement tenu par l’Automotive Press Association, à Detroit. Les véhicules électriques et autonomes viendront chambouler l’expérience d’achat d’un véhicule, ses procédés de fabrication et les principaux compétiteurs du marché. On retrouvera de nouveaux fournisseurs, modèles d’affaires et partenariats, en plus du défi que représentera le financement d’un tel projet au milieu d’un marché en ralentissement.

Une consolidation s’imposera alors : les quelque 50 entreprises travaillant sur des véhicules autonomes aujourd’hui se transformeront en une poignée de survivants demain, sans compter le fait que d’ici 2025, le prix de la technologie pourrait avoir diminué de 78 %.

Il en va de même pour les véhicules électriques, dont les batteries coûtent 80 % moins cher qu’en 2010. On s’attend également à ce que le prix du moteur électrique diminue de 20 % d’ici 2025. « Personne ne s’attendait à une baisse aussi marquée », explique M. Hoffecker. Les prix pourraient atteindre la parité avec ceux du moteur à combustion dans environ huit ans.

C’est la Chine qui mènera le bal. Les constructeurs locaux ne détiennent peut-être que 43 % du plus grand marché automobile au monde, mais ils dominent certainement celui des véhicules électriques avec 96 % des parts du marché. « D’ici 2020, 49 véhicules électriques sur 103 auront été produits en Chine », selon M. Hoffecker. Tesla serait l’exception à la règle, le seul étranger à détenir une part perceptible du marché. Le géant oriental prévoit également posséder 65 % de la capacité mondiale de production de batteries au lithium-ion d’ici 2021, soit l’équivalent de cinq giga-usines Tesla.

Selon le plus récent sondage effectué par AlixPartners, Tesla aurait réussi à faire sa place aux États-Unis en accordant une grande importance à l’électricité et aurait même une cote de satisfaction deux fois plus élevée que celle des autres marques. Toutefois, les investisseurs se disent inquiets par rapport au futur du projet d’Elon Musk avec le lancement imminent de la très attendue Model 3. Notons également que cette semaine, le soi-disant compétiteur Faraday Future a mis un terme à son projet de construction d’une usine d’assemblage pour véhicules électriques de 1 G$ dans le désert du Nevada.

En plus des grands constructeurs automobiles, les géants Apple et Waymo se sont aussi lancés dans les technologies d’électrification et de conduite autonome, et la liste des fournisseurs ne cesse de s’allonger. Bien que les constructeurs traditionnels possèdent des centaines d’années d’expérience dans le domaine automobile, les consommateurs feraient davantage confiance à la Silicon Valley en ce qui concerne les véhicules autonomes, selon AlixPartners.

Entre-temps, on remarque une perte d’intérêt du public pour les services d’autopartage et une réticence face aux entreprises qui les offrent, notamment Zipcar et car2go. Par contre, les services de covoiturage comme Uber et Lyft sont si populaires et conviviaux que bien des gens ne voient pas la nécessité d’obtenir leur permis de conduire ou d’acheter une voiture, selon Mark Wakefield, coprésident à l’échelle mondiale de la division automobile d’AlixPartners.

Il note aussi que si ce n’était des services d’autopartage, dont les utilisateurs ne possèdent pas de voiture, 12 millions de véhicules supplémentaires sillonneraient présentement nos routes. Les statistiques démontrent que 29 % des utilisateurs de services d’autopartage et 21 % des utilisateurs de services de covoiturage ont abandonné ou repoussé l’idée d’acheter un véhicule neuf. Il s’agit là d’un facteur important dans les prévisions de la firme de consultation selon lesquelles les ventes de véhicules aux États-Unis se chiffreraient à 16,9 millions d’unités cette année et que cette tendance à la baisse se maintiendrait jusqu’en 2019, alors que 15,2 millions de ventes seraient enregistrées.