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Retour vers le passé : Honda Accord 1976

Redécouverte de la « meilleure affaire de l’histoire? »

Redécouverte de la « meilleure affaire de l’histoire? »

Il a fallu sept ans à Honda pour devenir le quatrième importateur en importance aux États-Unis, et cet exploit a été accompli simplement en vendant des petites 600 et Civic. L’entreprise savait qu’elle avait besoin d’une plus grande voiture pour prendre de l’importance et c’est pourquoi elle a commencé à travailler sur le « concept numéro 671 » en 1972, voiture dont les modèles d’argile ont été terminés en 1973. Pour propulser la numéro 671, Honda a eu recours à une version du moteur à SACT de 1,5 litre de la Civic, un « moteur à combustion contrôlée double chambre (CVCC) », optimisé à 1,6 litre. Lorsque l’équipe de Motor Trend a pu tester le produit fini, le verdict du rédacteur (anonyme pour une raison qui nous échappe) était le suivant : « Il pourrait bien s’agir de la voiture offrant le meilleur rapport qualité-prix dans l’industrie. » Une déclaration plutôt audacieuse qu’il a appuyée dans les cinq pages qu’il a utilisées pour faire un compte-rendu de l’essai routier.

Apprenez-en plus au sujet de la Honda Accord 2018 dans notre article Premier essai en cliquant ici (en anglais seulement).

Que signifie ce nom?

Selon le dictionnaire Antidote, « Accord » signifie notamment « Entente, convention entre plusieurs parties », « Rapport harmonieux entre plusieurs éléments » et « Acceptation, assentiment, permission ». En anglais, le mot a aussi cette signification. Comme l’a noté notre auteur anonyme, Honda a épluché le dictionnaire français lorsqu’elle était à la recherche d’un nom pour le concept numéro 671 « à la suite de la récente appréciation que les Japonais ont démontrée envers les produits aux noms français (à l’heure actuelle, on compte quatre voitures, trois motos, deux télévisions en couleur et six barres de chocolat avec des noms français vendus au Japon et d’origine japonaise) ». Les recherches pour cette phrase doivent avoir été une épreuve de longue haleine!


Similaire à une grande Civic, mais neuve

Eh bien, presque. Comme mentionné plus haut, les moteurs sont similaires et les boîtes de vitesses aussi, mais au-delà de ces deux éléments, « il y a peu d’interchangeabilité entre les pièces de l’Accord et de la Civic. Les deux voitures sont dotées d’une suspension à jambe de force MacPherson à l’avant comme à l’arrière, mais les cartouches sont les seules pièces qu’elles ont en commun. » (Notre directeur technique actuel fait remarquer que des jambes de force comme celles de Honda à l’arrière devraient plutôt être appelées Chapman.)


Moteur CVCC visionnaire

« Le principe du moteur CVCC est d’utiliser un mélange riche dans une chambre de précombustion pour brûler un mélange pauvre dans la chambre de combustion principale. » Attendez un instant. Les moteurs diesel fonctionnaient à l’aide de chambres de précombustion pour aider à brûler les mélanges pauvres, et le tout nouveau moteur à essence à allumage par compression SKYACTIV X de Mazda brûle un riche mélange près de la bougie d’allumage pour reproduire l’allumage par compression des moteurs diesel. Le CVCC était-il le grand-oncle éloigné du moteur à allumage par compression? Dans tous les cas, nous nous étions plaints que « comme beaucoup de voitures japonaises, cependant, elle a la mauvaise habitude de maintenir le régime plutôt que de laisser les révolutions diminuer lors de la décélération ». C’est ce que les voitures font de nos jours pour réduire les émissions, et la grande prétention entourant les CVCC était qu’ils n’avaient pas besoin d’un pot catalytique. Ce moteur était assez avant-gardiste!


Carburateur auto-inondant

À l’époque, Honda n’avait pas encore la réputation qu’elle a aujourd’hui quant au fonctionnement fiable et sans tracas de ses véhicules. Notre rédacteur avait remarqué que, bien que les démarrages à froid sont rapides avec un volet de départ à commande manuelle, « démarrer à chaud l’Accord n’est pas si simple. Le carburateur est monté directement sur le collecteur d’échappement. Par conséquent, si le moteur est chaud, le carburant risque de bouillir et de déborder de la cuve à niveau constant. Le carburant qui a percolé se dépose dans le collecteur d’admission, et est ensuite aspiré dans la chambre de combustion lorsque le démarreur est de nouveau actionné. L’un des membres de l’équipe a qualifié ce carburateur de “auto-inondant”. C’est un problème sur les Civic avec CVCC, mais pas autant que sur les trois Accord que nous avons testées ».


Cinq rapports ou deux?

La boîte de vitesses manuelle de l’Accord était très contemporaine et offrait cinq rapports, comme tous les véhicules vendus à ce moment, moins les longs semi-remorques. La Hondamatic, toutefois, offrait seulement deux rapports. Un convertisseur de couple gérait les modes ralenti et démarrage, tandis que le conducteur devait manuellement manœuvrer les engrenages coulissants (la plupart des boîtes automatiques utilisent des engrenages planétaires). Particularité de la boîte manuelle : « il n’y a pas d’engrenage direct : le premier, le deuxième et le troisième rapport sont tous indirects, et le quatrième et le cinquième sont surmultipliés. Avec un engrenage aussi élevé, l’Accord est sérieusement désavantagée quant à la puissance aux deux plus hauts rapports ».


Championne du rendement écoénergétique

« Pendant notre trajet de 118 km qui s’est déroulé en ville et sur l’autoroute, l’Accord a consommé 6,5 L/100 km. Sa cote sur route selon l’EPA est de 5,4 L/100 km. En ces jours où nous tenons à réduire notre consommation de carburant, nous croyons qu’il s’agit d’un compromis raisonnable entre performance et économie de carburant. »


Elle chante vraiment!

Le raffinement avait un long chemin à faire avant d’atteindre celui d’Acura et de Lexus, du moins sur nos premières voitures d’essai. Il avait été rapporté que les engrenages de la boîte-pont émettaient des bruits étranges. « En marche arrière, on entend un léger grincement au volume variable qui ressemble étrangement à un enfant criant au loin. Ce peut être très déconcertant, surtout dans un quartier rempli d’enfants. Le deuxième bruit du répertoire de la boîte de vitesses est perceptible lorsque le deuxième rapport est utilisé pour ralentir le moteur. Il ressemble à une sirène de véhicule d’urgence et peut être assez stressant en ville lorsque la circulation est dense. »


Freinage presque digne de BMW

« Comme sa petite sœur la Civic, l’Accord freine excessivement bien. Grâce aux freins servo-assistés, il faut 10 mètres à la voiture pour s’arrêter complètement à partir de 50 km/h. La distance de freinage de 40,5 mètres à partir de 100 km/h était également bonne. La BMW 530i que nous avons testée l’an dernier (décembre 1975) ne nécessitait que 3,7 mètres de moins. L’un des traits déplaisants dont l’Accord a hérité de la Civic est la mollesse de la pédale de frein. Les freins fonctionnent bien, mais la pédale est si apathique qu’on a l’impression qu’ils ne feront pas leur travail. »


Il parle de survirage comme si c’était une mauvaise chose (?)

« La voiture peut être lancée dans un virage avec l’arrière dépassant juste un peu dans un survirage. Une voiture à traction avant dont le devant est lourd, qui peut être domptée dans un survirage (un léger survirage), est un peu étrange, en particulier si elle provient du Japon. De gros pneus, d’une largeur de 175 ou de 185 mm, plutôt que ceux de série, amélioreraient probablement la maniabilité de la voiture. » La qualité de la conduite a reçu un très bel accueil. L’empattement allongé de 17,8 cm et la voie élargie de 10,2 cm par rapport à la Civic ont été salués.


Confort de haut niveau

Nous avons beaucoup aimé l’espace et le confort aux sièges avant et avons remarqué que l’arrière était raisonnable pour ceux qui mesuraient moins de 1,8 mètre. L’aire de chargement entièrement recouverte de tapis et les dossiers des sièges, qui peuvent facilement être rabaissés à une main, nous ont également plu. Nous aurions souhaité voir moins d’éclairage inutile et plus d’indicateurs, mais avons bien aimé le gadget de rappel d’entretien connecté à l’odomètre, qui passe du vert au rouge lorsqu’un entretien est requis. Peut-être que notre équipe ou du moins nos photographes n’étaient pas familiers avec Honda, puisque le H sur le volant était à l’envers.


Des airs de Scirocco

« En matière de style extérieur, l’Accord a plu à bien des membres de l’équipe. L’aspect le plus fréquemment mentionné est sa ressemblance frappante avec la [Volkswagen] Scirocco. Cependant, aucun plagiat d’une « bonne idée » n’a été impliqué. La conception de l’Accord a été finalisée à l’automne 1973, quelques semaines seulement avant le premier dévoilement de la Scirocco en Europe à la fin de janvier 1974. » Nous avons cependant déploré la surabondance de monogrammes à l’arrière : « CVCC, HONDA, ACCORD, CINQ RAPPORTS ».


Gagnante sur toute la ligne

« L’ensemble est pratique, la voiture avance et arrête bien, se conduit admirablement, devrait être fiable (le moteur CVCC est réputé plus fiable qu’un steak à 50 cents) et offre une très bonne consommation. Elle n’est pas parfaite, mais quelle voiture l’est? C’est l’un des amalgames les plus recherchés que l’on ait vus en ce qui a trait à la taille, au confort, à la maniabilité et aux performances. À un prix de base de 4000 $ US, c’est certainement la meilleure automobile que l’on ait testée depuis longtemps. »

Cliquez sur les liens ci-dessous pour lire deux autres histoires de notre série Retour vers le passé :