Essais Premières impressions

Premières impressions : Jaguar XF Sportbrake 2018

L’autre Jaguar pratico-pratique

L’autre Jaguar pratico-pratique

Comme la gamme Jaguar compte maintenant deux VUS et offrira au cours des prochains mois un multisegment entièrement électrique, l’idée d’une familiale n’est pas aussi choquante qu’elle ne l’était lorsque la X-Type Sportwagon a été lancée aux États-Unis en 2005. En comparaison, la Jaguar XF Sportbrake 2018 semble presque banale. Grand public, même. Cela étant dit, cette description est un peu simpliste.

La nouvelle XF Sportbrake est la première familiale que le constructeur propose aux États-Unis depuis la X-Type Sportwagon, disparue du marché en 2009. Ce n’est cependant pas la première familiale XF par contre. Une version break de la XF de génération précédente a été lancée en Europe en 2012, mais comme elle n’était pas disponible avec transmission intégrale, Jaguar Land Rover North America n’a pas voulu lui faire traverser l’océan pour une simple raison : la plupart des amateurs de familiales haut de gamme vivent dans le nord-est et le nord-ouest des États-Unis, là où les conditions météorologiques sont difficiles. Pour eux, la traction intégrale est essentielle.

Voilà ce qui explique les caractéristiques soigneusement nuancées de la XF Sportbrake 2018.

Bien qu’un choix de moteurs et de transmissions s’offre aux automobilistes d’autres marchés, les Américains n’ont droit qu’à un seul modèle : la Sportbrake S avec le V6 suralimenté de 3,0 litres du constructeur et la traction intégrale de série. Les équipements offerts sont luxueux et comprennent des roues en alliage de 20 pouces, un hayon à commande gestuelle, un toit panoramique en verre et le logiciel Configurable Dynamics de Jaguar. Le prix est aussi élevé : 70 450 $ US. En revanche, le F-Pace S, propulsé par le même moteur de 380 chevaux et de 332 lb-pi de couple et doté d’équipements de série à peu près semblables, semble être une aubaine à 59 775 $ US.

Alors, pourquoi acheter la XF Sportbrake? Parce que ce n’est pas un VUS, voilà pourquoi.

La Sportbrake roule sur le même empattement de 294,6 cm que la berline XF et a la même longueur hors tout. Comparativement à la précédente XF Sportbrake, dont le pilier arrière noir faisait écho à celui de la berline XJ, le nouveau modèle est plus visuellement conventionnel et intéressant. La fenestration est superbe et présente des lignes habilement orientées vers l’arrière, où de nouvelles surfaces rappellent l’aspect compact et net de la berline. Comme c’est le cas pour la XF de taille normale, tout est fait en aluminium, à l’exception du hayon arrière, qui est composé d’un seul morceau de polymère.

La transmission est identique à celle de la berline XF S à traction intégrale, et comprend aussi le système à traction intégrale novateur de 20 kg. Jaguar affirme que la Sportbrake peut accélérer de 0 à 100 km/h en 5,3 secondes, soit trois dixièmes de seconde de plus que la berline et un dixième de seconde de plus que le F-Pace S, qui pèse 14 kg de moins. Cela étant dit, lorsqu’on compare la familiale au F-Pace, les chiffres ne révèlent pas tout : le modèle est toujours aussi sportif et agile dans les virages qu’on pourrait l’espérer, et surpasse même sur ces plans la Mercedes-Benz E400 4MATIC et la Volvo V90. Elle offre également une meilleure sensibilité au braquage et adhérence à l’avant que ces modèles et sa tenue de route est plus douce et confortable que celle de son VUS cousin.

L’empattement légèrement allongé est un plus, tout comme le centre de gravité abaissé. La Sportbrake se comporte bien sur les routes sinueuses et sait rester calme sur les autoroutes cahoteuses. Bien que Jaguar affirme que le poids de sa familiale soit réparti dans une proportion de 50:50, on sent une subtile différence par rapport à la berline en raison des glaces et éléments métalliques supplémentaires derrière le montant arrière. La suspension avant est identique à celle de la berline, à l’exception des amortisseurs à clapets de dérivation qui renforcent la capacité d’amortissement à haute vitesse. À l’arrière, toutefois, les ressorts de la berline ont été remplacés par des ressorts pneumatiques commandés par ordinateur qui maintiennent constante la hauteur de conduite de la Sportbrake, peu importe la charge qu’elle transporte.

Et parlant de charge, voici les chiffres qui nous intéressent. Grâce à sa longueur hors tout et à son empattement allongés, la Sportbrake peut transporter plus de bagages que le F-Pace. La capacité de charge calculée par le constructeur est de 1047 L lorsque les sièges arrière 40:20:40 sont en position verticale et près de 2000 L lorsqu’ils sont rabaissés. À titre de comparaison, le F-Pace offre respectivement 963 et 1811 L. La Sportbrake se compare favorablement aux familiales Mercedes et Volvo, offrant davantage d’espace de chargement total que ces dernières.

Présentant un profil bas et une esthétique avantageuse, la Jaguar familiale allie l’élégante dynamique de conduite de la berline XF aux capacités de charge et d’adaptation aux conditions hivernales du F-Pace. C’est le choix logique pour la plupart des gens qui ne veulent pas se procurer un VUS. Et c’est là aussi une partie du problème : bien que les acheteurs de véhicules tentent toujours de rationaliser leurs choix, ils finissent par rarement prendre de décisions rationnelles. En ce moment, les VUS ont la cote, mais pas les familiales. C’est aussi simple que ça.

Pour vendre des familiales aux États-Unis, Jaguar devra offrir aux clients de ce petit, mais rentable marché de niche ce qu’ils veulent, soit un véhicule qui combine brillamment luxe, capacité, performance, confort, subtilité et style. Et c’est exactement ce que fait la Jaguar XF Sportbrake S 2018.