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Premières impressions : Infiniti Q60 Red Sport 400 2017

Un coupé puissant et stylisé, mais est-il sportif?

Un coupé puissant et stylisé, mais est-il sportif?

Même si le coupé et le cabriolet Infiniti G37 n’ont été que légèrement redessinés lorsqu’ils sont devenus l’Infiniti Q60 pour les années modèles 2014 et 2015, le seul coupé à deux portes du constructeur de luxe a droit à une importante refonte pour 2017. En plus d’un nouveau design exclusif, il adopte de nouveaux éléments mécaniques, dont certains se trouvent également sur la berline Q60 2016 redessinée, construite à partir du même châssis et du même empattement de 285 cm. Infiniti nous a invités à faire le trajet de Los Angeles à San Diego afin de connaître nos impressions du coupé Infiniti Q60 Red Sport 400 2017.

Alors que le modèle précédent était alimenté par l’illustre moteur V6 VQ de 3,7 litres de Nissan développant 325 chevaux et 267 lb-pi de couple, le nouveau coupé Q60 2017 peut être équipé de différents moteurs, offrant différents niveaux de puissance. Le moteur de base est une nouveauté signée Mercedes-Benz. Il s’agit d’un engin turbocompressé de 2,0 litres à quatre cylindres en ligne produisant 208 chevaux et 258 lb-pi. Le coupé pourra également être équipé du nouveau moteur V6 VR de 3,0 litres à turbocompresseur double de Nissan, dont la puissance variera comme suit : 300 chevaux et 295 lb-pi de couple, ou 400 chevaux et 350 lb-pi de couple. Tous les moteurs sont jumelés à une boîte de vitesses automatique à sept rapports. La configuration à propulsion est de série et la traction intégrale est offerte en option.

Tous les modèles Red Sport 400, eux, intègrent la version haut de gamme à 400 chevaux du nouveau moteur VR. Nous avons pu faire l’essai de deux versions : la première avec la traction intégrale offerte en option, la seconde avec la configuration à propulsion.

Un système de direction hydraulique/mécanique traditionnel est de série, mais les deux voitures dont nous avons fait l’essai intégraient les systèmes de direction adaptative de conduite à commande électrique de deuxième génération et de direction à crémaillère électrique offerts en option. (La direction adaptative de première génération, reçue plutôt froidement par les consommateurs, avait été intégrée à l’Infiniti Q50 2014 et 2015.) La direction adaptative était aussi installée sur notre berline Q50 2016 d’essai. Selon le constructeur, le système peut effectuer « jusqu’à 1000 ajustements de direction par seconde ». Il affirme également que le système offre une réponse de direction instantanée et une augmentation graduelle de l’effort basée sur la vitesse et l’accélération latérale. Il devrait également être moins épuisant pour le conducteur de tenir le volant, puisque le système nécessite moins de correction que les directions traditionnelles.

Les deux voitures sont aussi munies d’une suspension numérique dynamique qui surveille les mouvements de roulis, de tangage et de rebond. Les amortisseurs électroniquement ajustables offrent des modes Sport et Standard. Le conducteur peut choisir entre quatre modes de transmission (Sport, Standard, Éco et Neige), sept modes de direction adaptative (Standard par défaut, Sport par défaut, Sport dynamique, Sport dynamique+, Sport+, Sport+ par défaut, Sport+ dynamique et Sport+ dynamique+), deux modes de direction à crémaillère électrique (Sport et Standard), deux modes de suspension numérique dynamique (Sport et Standard), trois modes d’aide au maintien actif de voie (désactivé, bas, haut) et deux modes de contrôle actif de trajectoire (désactivé, activé). Infiniti affirme qu’il y a un total de 336 combinaisons possibles.

Nous n’avons pas eu le temps de tester toutes ces combinaisons, mais nous avons certainement pu nous amuser avec quelques configurations différentes. Le modèle à traction intégrale repose sur des roues en alliage de 19 sur 9,0 pouces, chaussées de pneus quatre saisons permettant de rouler à plat.

Nous avons commencé notre promenade avec le sélecteur de mode de conduite en mode Sport+ (la direction en mode Sport+ dynamique+; la transmission, la direction à crémaillère électrique et la suspension en mode Sport) et les systèmes d’aide au maintien actif de voie et de contrôle actif de trajectoire activés.

2017 Infiniti Q60 Red Sport 400 front three quarters 02

En mode Sport, le moteur tire avec force dès le départ, sans trop de délais de la part des soupapes. La boîte de vitesses rétrograde rapidement, quoiqu’en mode manuel, il y a un léger retard lorsque l’on utilise les palettes de changement de vitesse du volant plutôt que le levier de commande de la console intermédiaire. La suspension est stable et se comporte bien en mode Sport, tandis qu’en mode Standard, elle est un peu trop légère lorsque le véhicule roule à grande vitesse.

La direction paraît légèrement décentrée, mais se redresse artificiellement trop rapidement et trop lourdement. Nous avons essayé presque tous les modes de direction avant d’arrêter notre choix sur le mode Standard par défaut pour ses mouvements plus naturels qui s’intensifient de façon linéaire. La voiture à traction intégrale tourne très bien, et malgré ses pneus quatre saisons permettant de rouler à plat, elle pouvait sans problème négocier les virages de la route à une vitesse deux fois supérieure à la limite suggérée. Le volant vibre étrangement dans certains virages serrés, mais désactiver le contrôle actif de trajectoire règle le problème. Apparemment, le système cherche davantage à centrer le véhicule qu’à s’assurer qu’il touche les points de corde.

Ensuite, nous sommes grimpés dans la Q60 à propulsion. En mettant la transmission en mode Sport, la voiture semblait plus réactive que le modèle à traction intégrale. Bien sûr, la voiture à propulsion paraît beaucoup plus légère à l’avant. Même avec ses énormes roues (19 sur 9 pouces à l’avant, 19 sur 9,5 pouces à l’arrière) et des pneus d’été, elle n’est pas plus rapide dans les virages. Ce modèle est toutefois plus amusant lorsqu’on le pousse un peu, avec ses pneus crissant comme s’ils étaient sur le point de déraper.

Nous avons trouvé un endroit relativement isolé sur la route pour effectuer quelques accélérations poussées à fond en modes Sport et Éco. En mode Sport, la Q60 Red Sport 400 de 400 chevaux travaille fort d’un bout à l’autre du régime et jusqu’à atteindre des vitesses impressionnantes. La voiture demeure stable dans les légers virages même à des vitesses supérieures à 160 km/h, et ce, pendant plusieurs minutes. Elle n’exhibe que très peu de délais d’accélération au démarrage. En mode Éco, la Q60 accélère tranquillement, comme si elle n’arrivait jamais à surmonter ce délai d’accélération. Le mode Éco est également plus résistant aux rétrogradations lorsqu’on lui demande la puissance pour dépasser un autre véhicule; il est donc peut-être plus approprié pour l’heure de pointe sur les ponts, lorsque la circulation est pratiquement immobile.

Malgré sa nouvelle direction adaptative, le principal avantage de la Q60 Red Sport 400 2017 est la puissance de son moteur suralimenté. Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’installer nos instruments d’essai sur la nouvelle Q60, mais la berline Q50 Red Sport 400 2016, mécaniquement semblable, passe de 0 à 100 km/h en 4,5 secondes et termine le quart de mille en 13,0 secondes à 175,7 km/h. Le coupé devrait obtenir des résultats semblables. Même si nous n’avons pas pu faire l’essai de la Q60 avec la direction de série, nous avons conduit deux berlines Q50, chacune munie de l’un des deux systèmes.

Tout autre caractéristique à part, il vaut mieux opter pour la direction traditionnelle que pour la direction adaptative. Cette dernière fait toutefois partie de l’ensemble technologie (qui ajoute aussi, au Canada, un système d’éclairage adaptable à l’avant avec mise à niveau automatique, un régulateur de vitesse intelligent toutes vitesses, une pédale Éco, des ceintures de sécurité précollision à l’avant, des feux de route automatiques, une aide au contrôle de la distance, un système d’intervention sur l’angle mort et un système de prévention de sortie de voie).

La plupart des éléments invisibles de la Q60 sont les mêmes que l’on trouve sur la berline Q50. L’une des grandes différences visibles, c’est le design du coupé, beaucoup plus dynamique, influencé par le concept Q60 aperçu au Salon de l’auto de Detroit 2015, lui-même inspiré du concept Q80 Inspiration. À l’avant, le coupé Q60 affiche l’audacieuse grille de calandre à deux arches et, de chaque côté, des phares ressemblant à des yeux. Le montant arrière, lui, intègre une fenêtre du panneau de custode surélevée en forme de croissant.

À l’intérieur, le tableau de bord, la console centrale et la console intermédiaire sont bien pensés, et le levier de vitesses est facile à trouver et à utiliser. Sur les deux voitures que nous avons conduites, les portes et la console intermédiaire étaient garnies de la bordure en fibre optique argentée offerte en option. Il est vrai que le matériau de fibre de carbone aux reflets argentés s’agence magnifiquement au cuir semi-aniline blanc galerie de l’habitacle, mais le fini lustré n’a pas l’air aussi authentique qu’un fini texturé. Par contre, l’écran d’infodivertissement double en met plein la vue.

Le coupé Infiniti Q60 Red Sport 400 est un excellent véhicule, mais nous ne sommes pas certains si la marque a réussi à établir une identité qui lui est propre. Quelques femmes qui ont observé la Q60 ont complimenté son design, mais elles ne connaissaient pas la marque. Pourtant, l’une d’entre elles possédait une Mercedes; une autre, une Lexus.

Nous avons hâte au jour où nous pourrons faire l’essai d’une Q60 Red Sport 400 avec notre propre équipement, et peut-être même la comparer à d’autres coupés intermédiaires haut de gamme.