Essais Premières impressions

Premières impressions du Nissan Rogue Sport 2017 : moins renégat

Nissan intègre le marché des VUS compacts

Nissan intègre le marché des VUS compacts

Bien qu’il peut sembler un peu paresseux de donner un nom déjà connu des consommateurs à un nouveau produit pour assurer un niveau de reconnaissance de base sur le marché, cette pratique est loin d’être rare dans l’industrie automobile. Dans le cas du Rogue Sport, cet emprunt est au moins partiellement ancré dans la réalité : le nouveau petit VUS de Nissan est essentiellement une version petit format du Rogue que l’on connaît déjà. Avec 30,5 cm de moins en longueur et un poids à vide inférieur d’une centaine de kilos, le Rogue Sport – ou Qashqai, comme il sera nommé au Canada – a comme but de donner à Nissan une légère longueur d’avance dans le dynamique segment des VUS sous-compacts.

Mais le deuxième élément du nom américain du modèle est loin d’être aussi factuel que le premier : le Rogue Sport est aussi sportif que le Rogue ordinaire – c’est-à-dire pas du tout. L’accélération est tout aussi lente et la direction tout aussi engourdie, même si le châssis possède ce même petit soupçon de génie. Si vous osez pousser ce petit multisegment à ses limites dans les virages, vous serez surpris par sa grâce et son agilité, sauf, bien sûr, si sa direction léthargique et sa TVC bourdonnante ne vous ont pas déjà endormi.

Même si sa conduite n’est pas aussi excitante que son nom laisse penser, le Rogue Sport possède d’autres qualités. Son empattement est plus court que celui de son grand frère de seulement 5,8 cm, et il est plus large d’environ 15 cm que la plupart de ses rivaux sur le marché des multisegments sous-compacts. Le véhicule peut ainsi offrir un bon espace de dégagement pour les passagers des sièges arrière, même s’il s’agit d’adultes, tant que les occupants des sièges avant ne reculent pas leur siège au maximum. L’espace de chargement arrière de 648,5 L est tout à fait satisfaisant, et le plancher du hayon se soulève pour servir de compartiment de rangement caché. Les sièges arrière se replient entièrement. Bien sûr, la troisième rangée de sièges, offerte en option sur le Rogue, ne peut être installée à l’intérieur du Rogue Sport, mais on aurait aimé que les sièges arrière puissent s’incliner comme dans le plus grand multisegment.

Lisez notre Grand Essai des multisegments sous-compacts 2015 et 2016 ici (en anglais seulement).

2017 Nissan Rogue Sport rear three quarter 03

La plupart des éléments de l’habitacle sont les mêmes que ceux du Rogue; le tableau de bord, le volant et les sièges sont tous pratiquement identiques. En général, ça nous plaît comme ça. À l’image du Rogue basé sur le X-Trail du marché européen, le Rogue Sport est, évidemment, basé sur le Qashqai, comme son nom canadien le suggère explicitement. Les deux véhicules sont destinés au segment haut de gamme, et ça se remarque dans le choix des matériaux et avec le levier de vitesse.

Ce qui nous étonne du Rogue Sport, c’est son manque de technologies d’infodivertissement. Vous n’y trouverez ni Android Auto, ni Apple CarPlay, et encore moins un port USB pour les sièges arrière. En fait, vous devrez faire avec un unique port USB. Les jeunes conducteurs de la génération Y risquent de peu apprécier une telle configuration, qui semble plutôt avoir été pensée pour ceux et celles qui cherchent à s’éloigner de leurs appareils mobiles et à simplifier leur vie.

Un autre aspect qui cloche dans le Rogue Sport est l’économie de carburant. Sous le capot, on retrouve un moteur de 2,0 litres à quatre cylindres en ligne produisant 141 chevaux et 147 lb-pi de couple, alors que le moteur de 2,5 litres du Rogue plus imposant produit 170 chevaux et 175 lb-pi de couple. Selon l’EPA, le Rogue Sport consomme 9,4/7,4 L/100 km (ville/route) avec la traction avant et 9,8/7,8 L/100 km avec la traction intégrale. C’est beaucoup plus ce que consomme le Rogue et ses concurrents sur le marché, comme le Honda HR-V (8,7/7,6 L/100 km avec la boîte automatique et la traction intégrale). Tout porte à croire qu’un employé du service d’ingénierie de Nissan s’apprête à recevoir une très mauvaise évaluation semestrielle.

L’un des aspects du Rogue Sport qui lui permet d’accumuler des points par rapport à ses rivaux, le Honda HR-V et le Buick Encore (et qu’il offre aussi bien que le Mazda CX-3) est l’éventail de technologies de sécurité avancée. Le freinage automatique d’urgence, le système de prévention de sortie de voie et le régulateur de vitesse adaptatif sont tous offerts en option. Malheureusement, ces caractéristiques ne peuvent être installées que sur le modèle SL haut de gamme, qui vous coûtera près de 30 000 $ au Canada – et, aux États-Unis, 30 000 $ US, moins avantageux.

En fait, le prix du Rogue Sport sur le marché américain pourrait constituer un problème de taille. Alors que le Qashqai canadien sera offert à partir de 19 998 $, le Rogue Sport américain aura un prix de départ allant de 22 380 $ US pour le modèle S de base avec la traction avant à 31 625 $ US pour une version SL avec la traction intégrale et toutes les options. Il est ainsi plus cher que ses principaux rivaux, le Honda HR-V, le Mazda CX-3, le Chevrolet Trax et le Jeep Renegade. Nissan pourrait le positionner entre deux classes : il offrirait plus d’espace que la plupart des multisegments sous-compacts tout en étant plus concurrentiel que des multisegments compacts comme le RAV4 et le CR-V. C’est d’ailleurs pour cette stratégie qu’a opté Nissan Canada avec son Qashqai.

En lisant cet article, vous pourriez être porté à croire que nous n’aimons pas le Rogue Sport. C’est faux. Bien sûr, nous ne sommes pas entièrement convaincus, et nous préférerions de loin être au volant d’un Mazda CX-3 ou d’un Mini Countryman lors de notre prochain long voyage en voiture. Mais le Rogue Sport reste un moyen de transport tout à fait agréable pour le genre de trajet que l’on parcourt la plupart du temps, comme sur l’autoroute, sur les routes commerciales bondées de la banlieue ou au cœur de la circulation à l’heure de pointe. Il est confortable, silencieux, agile et généralement peu encombrant; toutes ces qualités ont assuré à son grand frère, le Rogue, une popularité toujours grandissante. Peu importe votre opinion du nouveau Rogue Sport, il faut au moins admettre qu’il porte bien la première moitié de son nom.