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Premier essai : Subaru Crosstrek Limited

À quelques livres-pieds de l’exceptionnel

À quelques livres-pieds de l’exceptionnel

Il y a depuis longtemps une chaleureuse honnêteté dans les véhicules de Subaru. Ils ne sont pas tape-à-l’œil ni toujours beaux, mais ils vous amènent malgré tout avec calme et assurance à des endroits où peu de multisegments réussissent à aller, et ce, année après année. Le Subaru Crosstrek 2018 ne fait pas exception à cette règle.

Construit sur la même plateforme globale que la plus récente Impreza, le Crosstrek est, selon le constructeur, nouveau à 90 %, bien que beaucoup d’éléments aient un air de déjà-vu. Glissez-vous derrière le volant, appuyez sur le bouton de démarrage, ou tournez la traditionnelle clé si vous êtes dans l’un des modèles d’entrée de gamme, et le moteur démarre en trombe avant de retrouver rapidement son mode ralenti distinctif. Oui, c’est bel et bien un Subaru. Évidemment, on retrouve sous le capot un moteur à quatre cylindres à plat qui, naturellement, entraîne en tout temps les quatre roues. L’extérieur du Crosstrek 2018 a été entièrement redessiné, mais on a tout de même conservé l’essentiel du caractère des modèles précédents en y ajoutant une touche de style et de sophistication. Même chose pour l’intérieur revu, qui est remarquable pour le dégagement des jambes aux sièges arrière, surtout étant donné qu’il s’agit d’un véhicule qui a essentiellement la même aire de contact que la Volkswagen Golf ou la Ford Focus. Le Limited avec ensemble Eyesight trône au sommet de la gamme de Crosstrek. Le véhicule est offert à partir de 33 535 $, et pour ce prix, vous obtenez une transmission à variation continue avec un mode manuel à sept rapports et des palettes de passage des rapports, des sièges garnis de cuir, un système de régulation automatique de la température, un siège conducteur à réglage électrique en six directions, des jantes en alliage de 18 pouces, des pneus toutes saisons 225/55, ainsi que le système d’infordivertissement et de services connectés Starlink de Subaru, qui inclut Apple CarPlay. Notre véhicule d’essai américain était équipé de 3445 $ US d’options, plus particulièrement du système Eyesight de Subaru, qui comprend un régulateur de vitesse adaptatif, un système de suivi de voie, ainsi qu’un système de freinage précollision et de commande de l’accélérateur. On y retrouvait également un toit ouvrant, un système de navigation satellite et une chaîne audio Harman Kardon.

Pour seulement 30 655 $ US, le Crosstrek 2.0i Limited tout équipé semble être une réelle aubaine. Et c’est ce qu’il dégage aussi dès qu’on le sort de notre entrée. Il a peut-être 22,0 cm de garde au sol et des capacités hors route qui embarrasseraient tous les autres constructeurs sauf Jeep, Land Rover et peut-être Toyota, mais il roule avec le confort discret et le calme distingué d’une petite voiture de luxe. La conduite est exceptionnelle pour un véhicule de cette taille; le long débattement de la suspension amortit doucement les mouvements de la carrosserie tout en amoindrissant avec habileté la rudesse des impacts là où le caoutchouc rencontre la route. Plus important encore, cette qualité de conduite ne diminue pas lorsque vous descendez des routes en lacets à deux voies, bien que les pneus Falken Ziex installés sur des jantes de 18 pouces n’offrent pas la même sensation d’uniformité à la direction que des Yokohama Geolandar posés sur des véhicules équipés de jantes de 17 pouces. Sachez que les pneus manqueront d’adhérence avant que le châssis manque de talent, et que le Crosstrek peut être poussé du point A au point B à une vitesse étonnante. C’est-à-dire, tant que vous descendez des pentes…

La raison? Un manque de couple chronique. Le moteur Boxer de 2,0 litres à quatre cylindres et à aspiration naturelle remanié est maintenant à injection directe et déploie 152 chevaux à 6000 tours par minute. Cependant, le couple maximal n’est que de 145 lb-pi, et on l’atteint à un bourdonnant 4000 tours par minute. Bien qu’il travaille avec douceur et une grande volonté, le moteur ne livre simplement pas la puissance dont a besoin le Crosstrek. Même s’il atteint plus rapidement les 100 km/h que le modèle précédent, les performances du nouveau Crosstrek en condition de conduite réelle et quotidienne, en particulier en montant des côtes et en entrant sur l’autoroute, sont franchement anémiques. De plus, comme l’a découvert Chris Walton, notre chef des essais routiers, durant les essais sur piste consécutifs des Crosstrek à boîtes de vitesses automatique et à variation continue, opter pour le sixième rapport ne résout pas le problème. « Les écarts entre les rapports dans la boîte de vitesses manuelle ne rendent pas service au Crosstrek », a-t-il affirmé. « Il atteint plus rapidement les 100 km/h que le Crosstrek avec transmission à variation continue uniquement parce que j’ai trouvé 0,7 seconde au départ, et cette avance diminue rapidement à 0,2 seconde dans le quart de mille. » Chris a préféré la transmission à variation continue pour sa capacité à mieux distribuer la puissance et le couple disponibles et pour sa douceur et sa réactivité lorsqu’elle est utilisée avec les palettes de passage des rapports. Comme l’on s’y attendrait d’un Subaru, le Crosstrek excelle dès qu’il quitte les routes pavées. Il sillonne avec agilité les routes cahoteuses et poussiéreuses, et sa haute garde au sol est très pratique lorsqu’il faut traverser de gros obstacles. Le mode X, qui règle la distribution du couple avant et arrière à une proportion égale de 50 % et qui active un écran affichant des renseignements comme l’angle de braquage des roues et une boussole d’inclinaison, offre un mode intuitif de contrôle en descente qui permet au conducteur d’ajuster la vitesse du véhicule avec l’accélérateur lorsqu’il circule lentement. Et le système se désactive automatiquement lorsque la vitesse est supérieure à 40 km/h.

Le système Eyesight à deux caméras fonctionne bien, surtout pour son prix. Lorsque le régulateur de vitesse adaptatif et le système de suivi de voie sont activés, des graphiques apparaissent sur la console centrale supérieure et montrent ce que fait le système. Deux mises en garde : le manque de couple et la transmission à variation continue perturbent parfois le régulateur de vitesse, même pendant des montées, où surcompenser pour la vitesse du moteur et la réactivité de la boîte de vitesses signifie que le Crosstrek dépassera la vitesse réglée. Et le système de suivi de voie ne fonctionne pas aussi bien que d’autres systèmes. Le Crosstrek Limited 2018 avec ensemble Eyesight est compétent et fiable, prêt à aller où vous le voulez pour faire ce que vous désirez; c’est votre BFF sur roues. Il s’agit d’un petit multisegment attachant qui n’est qu’à quelques livres-pieds de l’exceptionnel.

Subaru Crosstrek Limited 2018 avec ensemble Eyesight
PRIX DE BASE/PRIX DU MODÈLE AMÉRICAIN TESTÉ 35 035 $/30 655 $ US
PARTICULARITÉ DE LA TRANSMISSION VUS de 4 portes pour 5 passagers, traction intégrale, moteur à l’avant
MOTEUR 2,0 litres à 4 cylindres à plat, DACT et 16 soupapes, 152 chevaux et 145 lb-pi de couple
BOÎTE DE VITESSES Automatique à variation continue
POIDS À VIDE (RAPPORT AVANT/ARRIÈRE) 1489,6 kg (59/41 %)
EMPATTEMENT 266,5 cm
LONGUEUR x LARGEUR x HAUTEUR 446,5 cm x 180,3 cm x 159,0 cm
ACCÉLÉRATION DE 0 À 100 KM/H 9,0 secondes
QUART DE MILLE 16,9 secondes à 130,0 km/h
FREINAGE DE 100 À 0 KM/H 39,9 m
ACCÉLÉRATION LATÉRALE 0,80 g (en moyenne)
ÉPREUVE DU HUIT DE MOTOR TREND 28,4 secondes à 0,58 g (en moyenne)
ÉCONOMIE DE CARBURANT EN VILLE, SUR LA ROUTE ET COMBINÉE SELON L’EPA 8,7/7,1/8,1 L/100 km
CONSOMMATION D’ÉNERGIE EN VILLE ET SUR LA ROUTE 78/64 kWh/100 km
ÉMISSION COMBINÉE DE CO2 186,0 g/km