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Premier essai de la Ford Focus RS 2016 : un bicorps haute performance de 350 chevaux

Un essai plein de rebondissements

Un essai plein de rebondissements

L’époque à laquelle nous vivons est tout à fait magique, n’est-ce pas? Voici une voiture à hayon qui développe 350 chevaux et 350 lb-pi de couple; elle intègre un système de traction intégrale pouvant ajuster la distribution de la puissance vers l’arrière et d’un côté à l’autre. On a donc une voiture d’un grand constructeur – qui possède un service juridique approprié – munie d’un bouton qui, lorsque appuyé à plusieurs reprises, fait apparaître le mot « Dérapage » sur l’affichage central.

Mais outre la fonctionnalité du mode Dérapage (en un mot, correcte), son existence en dit long sur l’état d’esprit de Ford. Le constructeur de 113 ans vient tout juste de remporter les 24 heures du Mans avec la successeure de la GT40, et une version de production débarquera sous peu. Ford a continué sur cette lancée avec une Mustang équipée d’un moteur V8 avec vilebrequin à surface plate et des roues en fibre de carbone qui lui ont valu la deuxième place lors de l’édition 2016 de notre compétition pour trouver la meilleure voiture pour conducteur. (À titre informatif, la McLaren 570S, beaucoup plus puissante, plus chère et plus riche en fibre de carbone, a obtenu la première place.) Et maintenant, voici la Focus à quatre portes et à traction intégrale – et au mode Dérapage intégré.

Avec son énorme aileron à l’arrière du toit et ses roues noires de 19 pouces, la Focus RS ne fait pas du tout dans la subtilité. L’échappement bat et vrombit, peut-être pour imiter les voitures de rallye au départ des courses. Elle est même offerte en Bleu nitreux!

Lisez-en plus au sujet de la Focus RS dans les essais de la Voiture de l’année 2017 ici.

Comment se comporte-t-elle aux arrêts – à la ligne de départ, dirais-je. La traction intégrale et l’embrayage rapide à plein régime permettent à la voiture de passer de 0 à 100 km/h en 4,5 secondes et d’atteindre le quart de mille en 13,2 secondes à une vitesse de pointe de 166,2 km/h. Le processus a donné des frissons dans le dos de notre pilote d’essai, puisque c’est la transmission qui doit supporter la plus grosse partie de cette puissance; à ne pas reproduire trop souvent à la maison.

Parlons maintenant de pneus. Notre voiture d’essai nous est arrivée chaussée de pneus Pilot Sport Cup 2 de Michelin, spécialement conçus pour la conduite extrême sur piste et déjà offerts sur des bolides prêts pour la course comme la Chevrolet Corvette Z06 et la Porsche 911 GT3 RS. Ils servent à amplifier toutes les performances de la voiture, de l’accélération longitudinale déjà mentionnée à la moyenne de 1,02 g sur la piste de dérapage et la distance d’arrêt à partir de 100 km/h de 31,7 m. Le résultat de 24,0 secondes de la Focus RS à l’épreuve du huit accote celui des BMW M3 et M4.

La voiture doit ses impressionnantes performances en grande partie à ses pneus, mais le système de traction intégrale y est aussi pour beaucoup. Puisque le système peut diriger la puissance vers l’arrière et d’un côté à l’autre, le conducteur peut ajuster l’inclinaison et l’équilibre de la voiture dans les virages en appuyant plus fortement sur l’accélérateur. Lorsque vous êtes prêts à sortir d’un virage, vous appuyez plus fort sur le champignon. Le nez de la voiture s’incline, et la voiture sort de la courbe plus rapidement que prévu.

Amusant, non? Certainement – sauf si la Focus RS est en mode Piste. Lorsque ce mode est activé, les amortisseurs de la voiture ressemblent à des bâtons sauteurs et la voiture à hayon se met à rebondir comme un terrier de Boston hyperactif. Ce n’est pas le genre de conduite plus difficile que l’on pardonnerait à une voiture sport, mais plutôt un incroyable tremblement vertical constant, comme si l’on conduisait sur une vague. Peu importe la qualité de la route, ce mouvement de haut en bas est constant, autant dans les courbes que sur les lignes droites. C’est assez pour déranger la voiture dans les virages lorsqu’elle est remplie à craquer.

Le mode Dérapage élimine presque complètement les vibrations, en plus d’augmenter considérablement le survirage. En fait, le mot « dérapage » n’est pas tout à fait approprié, puisque la Focus RS n’offre pas le même genre de survirage puissant qu’une bonne vieille voiture à propulsion. On ne peut rien contre les lois de la physique. Mais l’arrière devient plus enjoué et décontracté, vous permettant de glisser légèrement dans les virages. Faites quand même attention : si vous maintenez cette manœuvre trop longtemps, les pneus s’agrippent et c’est le sous-virage qui vous guette. Avec une conduite plus soignée, la personnalité désinvolte de la Focus RS brille, quoique nettement plus lente sur la route. L’utilisation à long terme – et à haute vitesse – de ce système n’est probablement pas recommandée, en raison de l’effort continu demandé à l’embrayage.

Le mode Dérapage est donc un peu décevant en pratique, même si l’on apprécie assez sa présence sur une quatre portes à hayon pour lui décerner le prix non officiel de Subversion d’entreprise de l’année, mais c’est l’effet de rebondissement vertical avec les pneus Cup qui est, à nos yeux, impardonnable. Les pneus de base devraient remédier à la situation, même si, en les choisissant, on doit sacrifier les extraordinaires performances de notre voiture d’essai.

2016 Ford Focus RS rear three quarter in motion

Le plus fâcheux, c’est que les éléments de base de la Focus RS sont bien conçus; de la réactivité du châssis à celle de la direction, le conducteur sent l’agilité sans compromis de la voiture. Une fois le sautillement éliminé, la Focus RS vous fera voir les voitures sport compactes précédentes, comme la Subaru WRX STI et la Mitsubishi Lancer Evolution, sous un nouveau jour. La Focus RS est beaucoup plus vive et divertissante à conduire.

Son autre problème majeur, c’est le prix. Côté performance, la voiture se rapproche dangereusement des coupés à propulsion plus rapides et plus agréables à conduire, qui offrent de véritables dérapages sans avoir à recourir à des modes spéciaux. Avec un prix de base de 49 968 $, la Focus RS est l’équivalent d’une Mustang GT avec l’ensemble Performance en option et les sièges baquets Recaro. Une fois toutes les options cochées, elle se retrouve dans la même fourchette de prix que la Chevrolet Camaro SS 1LE, à la fois plus puissante et bien plus agréable à conduire. Le hayon et les quatre portes en font un meilleur choix si vous cherchez un véhicule familial, mais pour le prix de notre voiture d’essai, il existe des modèles beaucoup plus performants et confortables.

Ford Focus RS 2016
PRIX DE BASE 49 968 $
PRIX DU MODÈLE AMÉRICAIN TESTÉ 42 245 $ US
PARTICULARITÉS DU VÉHICULE Moteur à l’avant, traction intégrale, voiture à hayon de 4 portes pour 5 passagers
MOTEUR Turbocompressé de 2,3 L à DACT, 16 soupapes et 4 cylindres en ligne, 350 chevaux et 350 lb-pi de couple
BOÎTE DE VITESSES Manuelle à 6 rapports
POIDS À VIDE (RAPPORT AVANT/ARRIÈRE) 1550 kg (59/41%)
EMPATTEMENT 264,9 cm
LONGUEUR x LARGEUR x HAUTEUR 438,9 cm x 182,4 cm x 387,1 cm
ACCÉLÉRATION DE 0 À 100 KM/H 4,5 secondes
QUART DE MILLE 13,3 secondes à 166,2 km/h
FREINAGE DE 100 À 0 KM/H 31,7 mètres
ACCÉLÉRATION LATÉRALE 1,02 g (en moyenne)
ÉPREUVE DU HUIT DE MOTOR TREND 24,0 secondes à 0,81 g (en moyenne)
CONSOMMATION DE CARBURANT SELON NOTRE PROGRAMME COTES RÉELLES Non testé
ÉCONOMIE DE CARBURANT EN VILLE, SUR LA ROUTE ET COMBINÉE SELON L’EPA 12,4/9,4/10,7 L/100 km
CONSOMMATION D’ÉNERGIE EN VILLE ET SUR LA ROUTE 110/84 kWh/100 km
ÉMISSION COMBINÉE DE CO2 256,48 g/km