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Premier essai de la Buick Regal TourX 2018 : la Roadmaster moderne

Un grand pas dans la bonne direction

Un grand pas dans la bonne direction

Buick occupe une place étrange dans l’offre de General Motors en Amérique du Nord. Elle n’est ni la marque la plus populaire du constructeur (c’est à Chevrolet que revient cet honneur), ni sa marque de luxe (ça, c’est le rôle de Cadillac). Buick doit donc se contenter d’un terrain de jeu plus ou moins bien défini, une ligne floue entre les voitures populaires haut de gamme et le luxe abordable pour tous. Malheureusement, les consommateurs nord-américains ne sont pas particulièrement attirés. Après avoir conduit la nouvelle Buick Regal TourX 2018, je peux affirmer que la marque aurait plus de succès si elle arrêtait de vouloir s’incruster entre Chevrolet et Cadillac et suivait le chemin tracé par sa propre nouvelle familiale.

Je sais, je sais. « Mais les Américains détestent les familiales », me direz-vous. « Comment peut-elle représenter un pas dans la bonne direction? » Je vous répondrai de jeter un coup d’œil à la Subaru Outback. Non seulement l’Outback était le véhicule le plus populaire de Subaru l’an dernier, mais ses ventes équivalaient presque à celles de l’ensemble de la gamme de Buick.

La Regal TourX, la première familiale de Buick depuis la désormais culte Roadmaster Estate dont la production s’est terminée en 1996, suit l’exemple de Subaru. Au départ une Opel Insignia Sports Tourer, la Regal TourX a droit à un léger soulèvement de la suspension (pour une garde au sol totale de 14,5 cm), les bandeaux latéraux de bas de caisse nécessaires et une traction intégrale conçue selon le système Haldex. (Les nouveautés de la TourX seront aussi offertes en Europe sur l’Insignia Country Tourer.) Sous le capot, on trouve un moteur turbocompressé de 2,0 litres à quatre cylindres en ligne produisant 250 chevaux et 295 lb-pi de couple, jumelé à une boîte de vitesses automatique à huit rapports.

Malgré un langage de conception inspiré des multisegments, les performances de la Regal TourX sur notre piste d’essai sont typiques d’une familiale sport. Elle atteint 100 km/h en seulement 6,3 secondes et prend 14,7 secondes à franchir le quart de mille, atteignant une vitesse de 152,4 km/h. Elle est également impressionnante dans les virages et au freinage : la TourX boucle notre épreuve du huit en 26,2 secondes à 0,69 g en moyenne, soit un temps respectable, et freine à partir de 100 km/h en seulement 36,0 m. Tout porte à croire qu’un pneu toutes saisons à adhérence plus élevée ou un pneu d’été améliorerait considérablement ces deux résultats, mais un pneu plus collant nuirait probablement à l’économie de carburant. La Regal TourX est cotée 11,2/8,1/9,8 L/100 km (ville/route/combinée) par l’EPA, mais dans le cadre de notre programme Cotes réelles, nous avons obtenu 12,9/7,3/10,4 L/100 km, soit une légère hausse du chiffre combiné ville/route par rapport à la cote de l’EPA.

Sur la route, la Regal TourX est la voiture Buick à la conduite la plus équilibrée que l’on a pu essayer depuis longtemps. Elle arrive à faire beaucoup de choses, et elle les fait très bien. Le moteur de 2,0 litres de la Buick est costaud et puissant tout en demeurant doux et silencieux. Malgré l’absence de toute programmation sportive, la boîte à huit rapports change intelligemment de vitesse et n’a pas peur de rétrograder une ou deux fois, au besoin.

Malgré son élévation modeste, la Regal est très habile dans les virages. La familiale a une allure beaucoup plus européenne que le vieux, lourdaud Roadmaster, ce qui est tout à fait logique, vu ses origines. La nouvelle familiale Buick est solide sur ses roues et offre une bonne sensation de la route à celui ou celle qui tient le volant. Son comportement routier est confortable et docile, sans mouvement de roulis excessif. Comme son débattement n’est pas énorme, la suspension atteindra certainement sa limite, mais la Buick arrive très bien à ne pas laisser les imperfections de la route brasser l’habitacle.

Parlant de l’habitacle : l’intérieur est le seul maillon faible de la Regal TourX. La qualité des matériaux, davantage dignes d’un véhicule d’entrée de gamme que d’une voiture de luxe, n’est pas tout à fait au rendez-vous. Ceux et celles qui la compareront à, par exemple, l’Audi A4 Allroad ou la Volvo V60 seront certainement déçus d’y trouver des plastiques à texture granuleuse, quoique doux au toucher, et le même levier de vitesse bon marché de GM que l’on retrouve sur d’autres produits de Chevrolet. En fait, les matériaux que Buick a choisis pour la Regal TourX ressemblent plus à ceux que l’on trouve à l’intérieur de l’Outback ou de la Volkswagen Golf Alltrack.

Tout n’est pas perdu, entre autres parce que l’habitacle de la familiale est étonnamment spacieux. La plupart des occupants trouveront que les sièges avant sont confortables et procurent un bon soutien, bien que les plus corpulents pourraient être gênés par les supports latéraux. La banquette arrière offre également beaucoup d’espace, et un passager de 1,82 mètre pourra s’installer confortablement derrière un conducteur tout aussi grand. Les passagers arrière profiteront de bouches d’aération et de deux prises USB. L’aire de chargement est large et profonde, avec des attaches et porte-sacs pouvant être déplacés sur les côtés. La Regal TourX comprend également une housse de coffre de style Volvo qui peut se rétracter vers les sièges arrière ou se glisser vers le haut le long du pilier arrière, bien qu’elle ait tendance à bouger légèrement pendant la conduite.

Aux États-Unis, la Regal TourX est offerte à partir de 29 995 $ US (pour le modèle de base 1SV). Le modèle de milieu de gamme Preferred, qui ajoute un siège conducteur à commande électrique et un volant gainé de cuir, coûte 33 595 $ US. Un modèle haut de gamme Buick Regal Essence comme le nôtre débute à 35 995 $ US et comprend du cuir, des sièges et un volant chauffant, ainsi qu’une banquette arrière divisée et repliable. Notre voiture d’essai, remplie d’options, valait 39 760 $ US. Il ne manquait que la technologie d’aide au conducteur de l’ensemble Driver Confidence II (un supplément de 1190 $ US) et le toit ouvrant panoramique à 1200 $ US.

Même si Buick a obtenu un bon succès en Chine, elle attend toujours l’étincelle qui rallumera l’intérêt des consommateurs américains. La Regal TourX offre quelque chose d’unique que l’on n’avait pas vu depuis trop longtemps chez Buick : l’authenticité. Malgré quelques défauts, elle possède une personnalité et une qualité qui lui sont propres. Même si elle ne sera jamais la voiture la plus populaire de la marque, la Regal TourX représente tout de même un bon pas dans la bonne direction. Et si elle obtient assez de succès, on pourrait peut-être même la voir débarquer au Canada un jour…

Buick Regal TourX Essence 2018)
PRIX DE BASE AUX ÉTATS-UNIS 35 995 $ US
PRIX DU MODÈLE AMÉRICAIN TESTÉ 39 760 $ US
PARTICULARITÉS DU VÉHICULE Familiale de 4 portes pour 5 passagers, traction intégrale, moteur à l’avant
MOTEUR Turbocompressé de 2,0 litres à DACT, 16 soupapes et 4 cylindres en ligne de 250 chevaux et 295 lb-pi de couple
BOÎTE DE VITESSES Automatique à 8 rapports
POIDS À VIDE (RAPPORT AVANT/ARRIÈRE) 1690 kg (58/42 %)
EMPATTEMENT 283,0 cm
LONGUEUR x LARGEUR x HAUTEUR 498,6 cm x 186,2 cm x 148,3 cm
ACCÉLÉRATION DE 0 À 100 KM/H 6,3 secondes
QUART DE MILLE 14,7 secondes à 152,4 km/h
FREINAGE DE 100 À 0 KM/H 36,0 m
ACCÉLÉRATION LATÉRALE 0,88 g (en moyenne)
ÉPREUVE DU HUIT DE MOTOR TREND 26,2 secondes à 0,69 g (en moyenne)
CONSOMMATION DE CARBURANT SELON NOTRE PROGRAMME COTES RÉELLES 12,9/7,3/10,4 L/100 km
ÉCONOMIE DE CARBURANT EN VILLE, SUR LA ROUTE ET COMBINÉE SELON L’EPA 11,2/8,1/9,8 L/100 km
CONSOMMATION D’ÉNERGIE EN VILLE ET SUR LA ROUTE 99,4/72,1 kWh/100 km
ÉMISSION COMBINÉE DE CO2 228,3 g/km