Essais

Premier coup d’œil : Aston Martin Vantage 2019

La nouvelle rivale de la Porsche 911

La nouvelle rivale de la Porsche 911

L’Aston Martin Vantage actuelle, lancée en 2005, est en crise identitaire depuis un bon moment. Avec des éléments de design empruntés aux modèles DB Gran Turismo, plus massifs et plus dispendieux, et avec un groupe motopropulseur et une suspension qui n’ont jamais été aussi précis et performants qu’ils auraient dû l’être, la voiture sport vouée à détrôner les Porsche 911 et Ferrari d’entrée de gamme n’a pas su nous convaincre de son potentiel. C’est ici qu’entre en jeu l’Aston Martin Vantage 2019. Son style unique et sa charmante carrosserie tout ajustée de même que son châssis et son groupe motopropulseur optimisés pour les performances et la maniabilité nous poussent à affirmer que la nouvelle Vantage est sans contredit une Aston Martin ambitieuse.

La voiture sera montée sur une nouvelle plateforme DB11 raccourcie de 10,2 cm et, bien que les deux tiers de la partie avant soient identiques au modèle DB11 V8, le constructeur automobile affirme que 70 % de ses composantes sont neuves ou ont été mises à jour. Parmi les principaux changements, on remarque une nouvelle structure arrière comprenant un faux cadre solidement attaché et un réservoir de carburant repositionné. La Vantage sera dotée d’un différentiel électronique – une première chez Aston Martin – et roulera sur des pneus Pirelli P Zero de 20 pouces.

Sous le capot, on retrouvera un moteur V8 AMG à turbocompresseur double de 4,0 litres déployant 503 chevaux, soit le même que dans la DB11 V8. Le moteur est installé dans la position la plus basse et la plus profonde possible dans le châssis, permettant une distribution de poids irréprochable de 50/50. Les performances optimales sont atteintes à 6000 tours par minute et le couple maximal de 505 lb-pi est accessible entre 2000 et 5000 tours par minute. Tout comme dans les modèles DB11, le moteur alimente les roues arrière par une boîte de vitesses ZF automatique à huit rapports. Aux dires d’Aston Martin, la nouvelle Vantage pèserait environ 1542 kg et pourrait accélérer de 0 à 100 km/h en 3,5 secondes, avec une vitesse de pointe de 313,8 km/h.

Tout comme son moteur, l’architecture électronique de la Vantage est le fruit du travail de Daimler, qui détient une part de 5 % dans Aston Martin. Les ingénieurs en dynamique de cette dernière ont donc pu intégrer des amortisseurs adaptatifs, un différentiel électronique, un système de contrôle de stabilité, un dispositif de variation active du couple et une servodirection électronique à leurs créations, pour des performances optimales. Contrairement à la DB11, la Vantage n’offrira cependant pas de mode Confort. Les conducteurs pourront toutefois choisir parmi les modes Sport, Sport Plus et Piste.

Cela reflète la mission donnée à ce nouveau modèle : « C’est notre arme contre la Porsche 911 », partage Paul Fleming, ingénieur en chef du développement dynamique. « Lorsqu’on y prend place, on se sent dans une voiture sport, mais qui peut tout de même être utilisée dans la vie de tous les jours, comme une 911. » Les Porsche 911 Carrera S et GTS ont en effet été le point de repère pour l’équipe de M. Fleming lors du développement de la Vantage. D’autres modèles ont aussi été pris en considération, notamment les Ferrari 488 et California, la McLaren 650S et la Mercedes-AMG GT S. La suspension de la Vantage offrira une rigidité au roulis comparable à celle de la 911 – considérablement plus rigide que sur les autres modèles DB –, mais l’ingénieur en chef d’Aston Martin croit avoir réussi à réduire la dureté des impacts propre aux voitures Porsche. « La conduite de la Vantage ne sera pas la plus confortable, admet-il, mais elle ne décevra pas. Si vous conduisez rapidement, vous obtiendrez tout le contrôle dont vous avez besoin. »

L’équipe du design dirigée par Marek Reichman a bien enrobé toutes les composantes mécaniques de la Vantage d’une carrosserie qui, tout en étant unique à ce nouveau modèle, dégage l’énergie flamboyante d’Aston Martin. À l’avant, on découvre une calandre plutôt audacieuse – sans aucun doute la caractéristique la plus susceptible de rebuter certains intéressés. À l’arrière, un feu pleine largeur se dessine le long du becquet intégré et rappelle brillamment la forme de la calandre du véhicule. Vue de profil, la carrosserie dynamique est dominée par des lamelles sur l’aile avant qui serviront à purger l’air provenant des passages de roue.

La Vantage n’offrira pas de fonctions d’aérodynamisme actif, comme c’est le cas pour la DB11; elle se contentera plutôt de diriger le flux d’air par un plancher aérodynamique conçu avec soin et une série d’aubes directrices et de diffuseurs. À 160 km/h, selon Paul Fleming, la Vantage génère environ 10 kg de déportance à l’essieu avant et 30 kg à l’arrière.

À l’intérieur, on retrouve un habitacle nettement plus extroverti et sportif que ce à quoi nous avait habitués le constructeur. Mis à part l’écran ACL de 8 pouces au centre du tableau de bord et les commandes du système d’infodivertissement sur la console intermédiaire, directement tirés du catalogue Daimler, tout semble exclusif à Aston Martin. Comme dans la DB11, le tableau de bord est entièrement numérique et présente un imposant tachymètre/odomètre central flanqué de deux écrans. En plus du système de navigation, de la connectivité Bluetooth et du Wi-Fi, l’équipement de série comprend les systèmes de démarrage et arrêt sans clé, de surveillance de la pression des pneus et d’aide au stationnement. Comme dans toute bonne Aston Martin, l’habitacle de la Vantage est garni de cuir somptueux et d’alcantara.

L’Aston Martin Vantage 2019 est présentement en vente aux États-Unis pour la somme de 149 995 $ US (environ 191 000 $). Les premières unités devraient arriver au troisième trimestre de 2018.