Essais

Premier coup d’œil à la Brabham BT62 : pour les férus de course seulement

Tout sur l’hypervoiture Brabham à moteur de huit cylindres

Tout sur l’hypervoiture Brabham à moteur de huit cylindres

Les voitures coûteuses destinées à la piste ne rigolent pas. Des modèles FXX de Ferrari à la Vulcan d’Aston Martin, en passant par la Zonda R de Pagani, les hypervoitures épurées et puissantes aux pneus minces sont profitables malgré leur prix de sept chiffres. La Senna GTR de McLaren à 1,4 million de dollars est déjà en rupture de stock, tout comme la version pour la piste seulement de la Valkyrie d’Aston Martin conçue par Adrian Newey et dont le prix avoisine les 3 millions, alors qu’elles n’ont même pas encore été conduites. Il ne faut pas s’étonner que David Brabham y ait vu une occasion.

Le nom Brabham vous sera peut-être familier si vous êtes un amateur de course automobile d’un certain âge. Le père de David Brabham, Sir Jack Brabham, a été trois fois champion du monde de Formule 1, soit en 1959, en 1960, puis en 1966 à l’âge très respectable de 40 ans. Le frère aîné de David, Geoff, a quant à lui obtenu la quatrième place aux 500 miles d’Indianapolis en 1983 et gagné les 24 Heures du Mans de 1993. David a lui-même participé à 24 Grands Prix de la F1 entre 1990 et 1994 et a remporté les 24 Heures du Mans en 2007.

Le troisième Championnat du monde de Jack Brabham était remarquable non seulement parce qu’à cet âge, la plupart de ses collègues étaient déjà à la retraite, mais aussi parce que c’est la seule fois qu’un conducteur a gagné le premier prix dans une voiture de sa construction, portant son nom. Cette histoire est l’inspiration pour la Brabham BT62, une hypervoiture de piste imaginée et conçue sous la direction de David Brabham.

La BT62 est une voiture de sport à moteur central V8 à aspiration naturelle de 5,4 litres. Parlant de moteur, Brabham n’a pas voulu dire sur quel engin de quel constructeur populaire le sien est basé, mais ce qu’on sait, c’est qu’il l’a grandement modifié afin qu’il développe 700 chevaux et 492 lb-pi de couple. Cette puissance est transmise aux roues arrière par une boîte de vitesses séquentielle de course Hollinger à six rapports. Les freins sont entièrement en carbone : des plaquettes en carbone sont activées par six pistons reliés à des disques en carbone, une technologie qui a été introduite dans le monde de la F1 par M. Brabham père en 1976. Michelin est derrière les pneus lisses.

Bien emballée dans ses panneaux en fibre de carbone, la BT62 pèserait 972 kg selon le constructeur, ce qui lui procurerait un rapport puissance-poids de 653 chevaux par tonne. Un ensemble aérodynamique de course comprend un diviseur avant dynamique, un diffuseur arrière et un gigantesque aileron arrière offrant une déportance monstrueuse de 1 204 kg à vitesse de pointe sur la piste.

Seulement 70 unités seront construites, en l’honneur du 70e anniversaire du début de la carrière de Jack Brabham (dans une course sur terre battue, il obtenait la première place après trois participations). Chacune aura un prix environnant les 1,4 million de dollars, en plus des taxes locales. Les 35 premières voitures arboreront une peinture rappelant celle des Brabham qui ont gagné 35 Grands Prix entre 1966 et 1985.

Là où la BT62 se distingue des autres voitures de course coûteuses du genre, c’est par l’inclusion dans son prix de leçons de conduite personnalisées afin que les acheteurs puissent profiter pleinement de leur investissement sur la piste. La configuration de châssis a été développée tout spécialement par David Brabham et la BT62 n’a aucune technologie d’aide au conducteur autre que le système d’antipatinage. « La BT62 est une voiture qui demande un engagement complet de son conducteur », affirme Paul Birch, directeur de la technologie et de l’ingénierie chez Brabham.

La BT62 sera construite dans une toute nouvelle usine de 15 050 mètres carrés à Adélaïde, dans le sud de l’Australie. Les premiers acheteurs peuvent s’attendre à une livraison plus tard cette année.

La BT62 est le premier pas de Brabham pour que le nom de la marque soit au premier plan du monde de la course. Sir Jack Brabham s’est retiré de la F1 en 1970 et l’équipe Brabham a été achetée en 1971 par l’ancien grand manitou de la F1, Bernie Ecclestone. Nelson Piquet a ensuite gagné des championnats du monde en 1981 et 1983 au volant de voitures de course Brabham conçues par Gordon Murray, juste avant que Bernie Ecclestone vende l’équipe en 1988. Après être passée entre les mains de plusieurs propriétaires, l’équipe a été secouée par une faillite qui a fait scandale en 1992.

En 2013, la famille Brabham a gagné une bataille judiciaire de trois ans pour le droit d’utilisation de leur nom. « Il y a 12 ans, j’ai décidé de rétablir le nom légendaire de Brabham. Je voulais le voir redevenir un compétiteur sur la scène internationale », affirme David Brabham. Le constructeur ne fera pas de retour dans la Formule 1; les coûts sont tout simplement prohibitifs. L’objectif sera plutôt Le Mans où, si tout se déroule selon les plans, on pourrait voir une voiture Brabham sur la ligne de départ d’ici cinq ans.