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Essai de la Ford Fiesta 2018 européenne : de grandes et excitantes améliorations

Une excellente sous-compacte, mais nous n’y avons pas droit

Une excellente sous-compacte, mais nous n’y avons pas droit

Qu’est-il arrivé à One Ford? (Vous savez, la stratégie de restructuration de l’entreprise lancée il y a déjà 10 ans.) Elle devait, entre autres, permettre à Ford de réaliser des économies et de construire de meilleurs véhicules en dessinant pour chaque segment un seul modèle qui serait vendu partout dans le monde. Après la Fiesta, nous avons eu droit à un modèle mondial pour la Focus, la Fusion, l’Edge, l’Escape en plusieurs autres. C’est vrai qu’ils ne portaient pas tous les mêmes insignes des deux côtés de l’océan, n’empêche, il s’agissait des mêmes véhicules.

Puis, il y a la nouvelle Fiesta européenne. Allons-nous bientôt pouvoir nous joindre à la fête? Dès que la question est posée, les gens de Ford se font soudainement aphones. Un ingénieur nous a avoué tout bas qu’aucun problème technique n’empêchait la voiture d’être distribuée mondialement, mais le service de relations publiques du constructeur reste muet. Nous avons posé la question et la réponse que nous avons reçue semble plus appropriée à une autre question : « Nous dévoilons la nouvelle Fiesta en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique; nous en dirons plus sur les autres marchés ultérieurement. La Fiesta demeure un élément vital de notre gamme. »

Notre modèle actuel sera-t-il remplacé par cette nouvelle voiture? La Fiesta distribuée ici est assemblée au Mexique. Le président américain l’aurait-il tuée à grand renfort de gazouillis, ou Ford a-t-elle décidé d’économiser quelques sous en sautant une génération de petite voiture en Amérique du Nord? Ça ne serait pas la première fois que Ford nous fait ce petit tour de passe-passe. En 2004, le marché européen a eu droit à une nouvelle Focus, tandis que les conducteurs nord-américains ont dû se contenter d’une refonte.

Mais avec un peu de chance, ces théories de conspiration sont fausses et la nouvelle Fiesta débarquera chez nous. C’est pourquoi nous avons quand même fait l’essai de la version européenne. Si on ne la voit jamais sur nos routes, on pourra la considérer comme un fruit défendu, parce que, pour une sous-compacte, la Fiesta est plutôt alléchante.

Ses proportions de base ressemblent à celles de la voiture actuelle. Au départ, le plan était de refondre la carrosserie et d’améliorer le tableau de bord, surdessiné mais bas de gamme, en plus d’ajouter quelques technologies d’aide au conducteur, le tout sur la même plateforme.

Après de nombreuses dérives, presque tout de la voiture, sauf le moteur à trois cylindres, a été repensé.

On a, par exemple, installé de nouveaux sièges inspirés de ceux de la Focus afin d’offrir une plus grande plage d’ajustement, ce qui signifie que le plancher en entier a dû être changé. L’espace entre les roues avant a été agrandi de près de 3,0 cm grâce à de nouveaux bras de suspension. Ford en a profité pour installer de nouveaux montants, de nouvelles jambes de force et fixations supérieures, etc. En voulant augmenter la rigidité latérale de la suspension arrière, les ingénieurs ont construit une toute nouvelle barre de torsion. Les roues sont plus grandes et les freins sont plus puissants, et la boîte de vitesses manuelle est remplacée par une boîte à six rapports. « Nous avons dû nous disputer avec le département des finances à chaque étape », soupire un ingénieur en décrivant les nouveautés.

Retournons aux changements prévus depuis le départ. L’équipe de conception était menée par le directeur de Ford Europe, Joel Piaskowski, qui reviendra bientôt à Dearborn, au Michigan, pour gérer la conception des voitures et multisegments. La Fiesta est passée sous le bistouri pour atténuer les rides de ses surfaces et augmenter ses courbes. Tous les panneaux extérieurs sont neufs. Les changements les plus évidents ont été apportés à l’arrière de la voiture, où les feux ont été arrangés horizontalement plutôt que verticalement.

Parmi les technologies d’aide au conducteur, on note un régulateur de vitesse adaptatif, un système de freinage à réduction d’impact qui détecte les piétons et les véhicules, un système de suivi de voie, un lecteur de signaux routiers, un système de surveillance des angles morts et une alerte de circulation latérale. Pour une petite voiture conçue pour le grand public, il s’agit d’une suite particulièrement complète, même si la plupart de ces systèmes sont offerts en option.

Le design angulaire de l’habitacle de l’ancien modèle est remisé, et on a également agrandi le hublot des indicateurs et ajouté un écran tactile de type tablette. Pour la première fois, la Fiesta européenne a droit à SYNC 3, que la version américaine possède depuis un moment déjà et qui fonctionne bien. Dans plusieurs modèles, le système est jumelé à une chaîne audio de marque B&O Play. Les prises d’air à clapet ont été remplacées par des dispositifs réellement ajustables et les commandes du système de climatisation ressemblent moins à ce que l’on trouverait sur un jouet. Mais la qualité de certains plastiques de l’habitacle laisse toujours à désirer, surtout pour les horribles poignées de porte.

L’empattement a été allongé de quelques miettes. L’espace de chargement et de la banquette arrière de la Fiesta, déjà plutôt médiocre pour la catégorie, n’a donc pas été grandement amélioré; tout ce qu’on a tenté, c’est quelques ajustements stratégiques comme l’amincissement des coussins des sièges.

Nous avons fait l’essai du moteur de 1,0 litre développant 138 chevaux. Son couple maximal est pratiquement équivalent à celui du moteur de 123 chevaux de la version nord-américaine actuelle, et le comportement du moteur est sensiblement le même, sauf qu’il atteint avec plus d’enthousiasme le régime maximal de 6600 tours par minute. La voiture vibre dans les régimes moyens, mais pas assez pour déranger les occupants.

Les changements de vitesse de la nouvelle boîte à six rapports sont rapides, et contrairement aux boîtes d’autres petites voitures, celle-ci ne donne pas l’impression d’offrir plus de rapports seulement pour réussir des essais d’économie de carburant. Il est intéressant de noter que la boîte automatique offerte n’est plus une boîte à double embrayage mais une boîte de six rapports à convertisseur de couple.

Sur des pneus d’été, la nouvelle version arrive à adhérer à la chaussée et à maintenir son équilibre dans les virages. Vous pouvez donc vous lancer dans les courbes avec abandon – tant que la voiture ne possède pas les capacités d’ajustement à l’accélérateur de la ST actuelle, mais n’oubliez pas qu’il s’agit ici du modèle de base. Vous avez ici une voiture de 406 cm qui prouve que conduire une voiture lente à son maximum peut être plus amusant que conduire une voiture rapide lentement. La conduite est précise et progressive et offre une bonne réponse, même lorsque vous tentez de faire décoller les flancs des pneus.

Il est vrai que l’atténuation peut parfois avoir quelques faiblesses sur certaines surfaces vallonnées. Ford offre une solution : un ensemble ST-Line offre de meilleurs amortisseurs et des ressorts plus rigides, sans oublier les dispositifs stabilisateurs, ce qui aide à garder contrôle de la voiture.

D’une façon ou d’une autre, la voiture ne roule pas sur un nuage, mais les imperfections de la chaussée sont atténuées et les différentes suspensions ne résonnent pas trop dans l’habitacle. En fait, le raffinement de la Fiesta demeure l’un de ses points forts, et je ne parle pas seulement de l’insonorisation de l’habitacle contre les bruits de la suspension, du vent et du moteur. C’est aussi grâce à la conduite agréable et les commandes très bien pensées.

La Fiesta n’a jamais été une petite voiture dont l’espace est optimisé, surtout comparativement aux nouvelles générations de la Honda Fit et de la Nissan Versa Note. Mais si vous n’avez pas besoin d’y faire entrer quatre hommes adultes de taille moyenne ou deux vélos, elle vous permettra d’aller où vous voulez en ville et d’économiser un peu de carburant. Et lorsque vous quitterez les zones urbaines et que vous vous lancerez sur les routes de canyons, ou simplement sur l’autoroute, la Fiesta brillera.

Si elle n’est pas révolutionnaire, c’est qu’elle n’a pas besoin de l’être. Il s’agit tout de même d’une excellente refonte, et les conducteurs nord-américains seront certainement déçus de ne pas pouvoir en profiter.

Photos de la Ford Fiesta Titanium 2018 pour le marché européen ici :

Photos de la Ford Fiesta Vignale 2018 pour le marché européen ici :