Essais

Deuxième essai de l’Audi TTS Coupé 2016 : pour une sortie de fin de semaine

A Second Date With Audi’s Gorgeous TT

A Second Date With Audi’s Gorgeous TT

Voici un petit secret : lorsque nous visitons des contrées lointaines pour faire l’essai des nouveaux modèles d’un constructeur, le plus souvent, il nous dirige vers le genre de route qui encourage une conduite plus ou moins sécuritaire, mais oh combien divertissante. Le genre de route étroite et sinueuse qui offre des dénivelés et des virages serrés, et où il y a peu de circulation. C’est l’occasion parfaite d’appuyer sur le champignon et de se laisser aller, ce qui nous permet par le fait même de décrire avec précision à quoi la conduite de la voiture ressemble lorsqu’on repousse ses limites.

Il s’agit d’un exercice aussi intéressant qu’important, mais il ne reflète pas toujours la façon dont les propriétaires conduisent leur voiture dans la vie de tous les jours. Les routes que les conducteurs nord-américains empruntent le plus souvent sont larges, plates, droites et ennuyeuses. Me voilà donc en train de philosopher : est-ce que la route rend la voiture amusante, ou serait-ce plutôt l’inverse? Je me suis donné comme mission de trouver réponse à cette question.

J’ai profité de la longue fin de semaine du Memorial Day aux États-Unis pour visiter ma famille dans le nord de la Virginie – et pour mettre ma théorie en pratique. J’ai eu un coup de foudre pour la nouvelle Audi TTS lors de son lancement l’été dernier, dans l’Oregon, et j’ai pensé que la Virginie, avec ses interminables autoroutes et ses lois draconiennes sur les limites de vitesse, serait l’endroit idéal pour un deuxième rendez-vous.

2016 Audi TTS coupe rear three quarters

Après un vol de nuit en partance de la côte Ouest, j’ai rencontré à l’aéroport international de Washington-Dulles la jolie petite sportive avec laquelle je passerais la fin de semaine. Peinte en gris acier et munie de magnifiques jantes argentées de 20 pouces à branches en Y, la TTS est de toute beauté, surtout recouverte d’une fine couche de rosée matinale. L’intérieur est encore plus sublime. Les sièges de mon modèle d’essai sont recouverts d’un luxueux cuir Nappa rouge s’agençant parfaitement aux panneaux noirs et à la garniture en métal satiné. Si elle a l’allure d’une voiture très chère, c’est qu’elle l’est : en regardant l’étiquette sur la fenêtre, je remarque que ma TTS est presque entièrement équipée, lui conférant une valeur de 58 175 $ US.

Je place mes bagages dans le hayon et je me glisse derrière le volant, démarrant le moteur turbocompressé de 2,0 litres à quatre cylindres en ligne. Puis, je saisis ma destination dans le cockpit virtuel, et me voilà sur la route. Mon trajet n’aurait pas pu être plus ennuyeux : deux virages à gauche, quelques douzaines de kilomètres sur une autoroute aussi droite qu’une flèche, un autre virage à gauche et finalement, un virage à droite. Mais, étrangement, je ne me suis pas ennuyé – j’irais même jusqu’à dire que je me suis amusé! Oubliez la qualité de la route, c’est la puissance de 292 chevaux et le couple de 280 lb-pi de la TTS qu’il faut remercier. L’accélération est rapide et indéniablement sportive. Si vous gardez votre pied sur l’accélérateur lorsque vous dépassez les voitures plus lentes (tout en demeurant à l’affût des radars), vous entendrez un son extrêmement satisfaisant émaner des tuyaux d’échappement lors des passages aux vitesses supérieures de la boîte de vitesses à six rapports et à double embrayage. La route si ennuyeuse que j’avais prévue ne l’était finalement pas tant que ça.

2016 Audi TTS coupe rear end

Si j’ai une petite critique à faire de la TTS, c’est à propos de sa boîte de vitesses. J’adore la boîte à six rapports et à double embrayage d’Audi, mais un septième rapport ne ferait pas de tort; sur l’autoroute à près de 115 km/h, le moteur roule un peu trop vite à 2500 tours par minute. Et ajouter un rapport réglerait aussi un autre problème, lui aussi relativement mineur : la réaction un peu lente de la boîte dans les embouteillages. À l’instar d’un bon nombre de boîtes à double embrayage du Groupe Volkswagen, celle de la TTS prend une seconde ou deux à réagir lorsque le conducteur appuie doucement sur l’accélérateur dans la circulation dense pour préserver le double embrayage de la boîte. Selon moi, un rapport supplémentaire et un premier rapport plus court aideraient certainement à régler ce problème.

Après deux jours de conduite sur des routes ennuyeuses, j’ai craqué. J’ai fait un détour par la région vallonnée de la Virginie pour trouver quelques virages, et je ne l’ai pas regretté. Pour une voiture sport à traction avant, la TTS est tout à fait géniale dans les virages en épingle. La direction, surtout en mode Dynamic, se raffermit bien dans les virages et offre une excellente sensation de la route. Ce mode de conduite augmente également le dynamisme de la vectorisation de couple du système de traction intégrale en dirigeant la puissance nécessaire vers l’une ou l’autre des roues arrière. Cela permet au conducteur d’aborder les virages en appuyant légèrement sur l’accélérateur et en effectuant un petit mouvement du volant.

Je crois avoir réussi à prouver ma théorie qu’une bonne voiture peut rendre n’importe quelle route amusante (ou presque), même les plus ennuyeuses. Par contre, je tire une leçon encore plus importante de mon deuxième rendez-vous avec l’Audi TTS : les constructeurs savent ce qu’ils font lorsqu’ils choisissent l’endroit du lancement d’un nouveau véhicule. Les lignes droites sont peut-être plus réalistes pour la majorité des conducteurs, mais les courbes sont tout simplement vachement plus amusantes.